Au Pakistan, les autorités tentent de contenir un lac gonflé par les pluies de mousson

AFP - Fida HUSSAIN

Un canal de dérivation pour désengorger le plus grand lac d'eau douce du Pakistan a été percé et les villages alentour ont dû être évacués. De nouvelles fortes pluies, lundi 5 septembre 2022, accroissant le désarroi des millions de personnes affectées par les pires inondations de l'histoire de leur pays.

Un tiers du Pakistan, autrement dit une zone de la taille du Royaume-Uni, est sous les eaux, après plusieurs mois de pluies de mousson record, qui ont fait 1.300 morts et détruit habitations, commerces, routes et ponts. Le gouvernement a fixé à au moins 10 milliards de dollars la facture pour un pays déjà en proie à une grave crise économique, tandis que des centaines de milliers de personnes sont sans abri à la fin de la mousson et avec l'hiver qui pointe à l'horizon.

De tels camps, pourvus de tentes, sont apparus un peu partout dans le sud et l'ouest du Pakistan, où il ne reste quasiment aucun lieu au sec où drainer l'eau. Dans la province du Sind (sud), les ingénieurs ont dû creuser un canal de dérivation pour drainer l'eau du lac Manchar. Sur le point de déborder, il menaçait les villes de Sehwan et de Bhan Saeedabad, dont la population combinée approche le demi-million d'âmes. Des milliers de personnes ont dû être évacuées des habitations inondées sur le pourtour du nouveau canal.

Plus vaste que jamais

"Le flot d'eau a été détourné, mais la menace est loin d'avoir disparu", a déclaré lundi à l'AFP le ministre de l'Information du Sind, Sharjeel Inam Memon. "Nous faisons de notre mieux pour empêcher plus de villages d'être inondés." Le lac Manchar, situé quelques kilomètres à l'ouest de l'Indus, varie en taille en fonction de la saison et de l'ampleur des intempéries. Mais, à en croire la population locale, il n'a jamais été aussi vaste qu'actuellement. La plus grande partie des provinces méridionales du Sind et du Baloutchistan n'est qu'un espace infini d'eau, les habitants s'entassant dans les rares endroits surélevés et encore au sec, sur des routes ou des voies ferrées notamment.

Les excréments humains et des animaux dans l'eau fétide[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi