Au Pakistan, arrestation d'un leader pachtoune critique envers l'armée

Au Pakistan, Manzoor Pashteen, leader d'un mouvement de défense de la minorité pachtoune, a été placé ce lundi 27 janvier en détention préventive pour 14 jours. Il est accusé, entre autres, de sédition et de conspiration criminelle. Amnesty International réclame sa libération « immédiate et sans condition ».

Manzoor Pashteen est connu pour ces critiques virulentes envers la puissante armée pakistanaise. Et dans ce pays, c'est une ligne rouge. A 25 ans, l'ancien étudiant en médecine vétérinaire est à la tête du PTM, le Mouvement de protection pachtoune, qu'il a créé en 2018 pour défendre les droits de cette minorité. Elle représente environ 15 % de la population.

Manzoor Pashteen dénonce les exactions de l’armée pakistanaise commises selon lui lors de ses interventions dans le nord-ouest du pays. Elle l'accuse aussi de soutenir certains groupes extrémistes. Les militaires assurent, en retour, que le PTM est à la solde de services de renseignements étrangers.

Arrêté dans la nuit, Manzoor Pashteen a été présenté à un juge ce lundi et placé  en détention préventive. Il était recherché pour sédition, discours haineux, incitation à la violence contre l'État et conspiration criminelle, a indiqué à l'Agence France-Presse un policier de Peshawar, la capitale du Nord-Ouest, où l'interpellation a eu lieu.

Le député du mouvement pachtoune, Mohsin Dawar, a condamné lundi l'arrestation du dirigeant. « Quoi qu'ils fassent, ils feront face à davantage de résistance. Les arrestations provoqueront plus de résistance. L'arrestation de Manzoor Pashteen leur coûtera cher », a-t-il déclaré en conférence de presse à l'intention de l'armée. 

Après avoir multiplié les marches à travers le Pakistan en 2018, le mouvement pachtoune avait décidé de se remobiliser. Le député Mohsin Dawar, qui a lui-même fait plusieurs mois de prison, appelle à des manifestations « non violentes » ce mardi dans les principales villes du Pakistan.

« Manzoor Pahsteen est arbitrairement détenu pour avoir exercé ses droits à la liberté d'expression », a tweeté l'ONG de défense des droits de l'homme Amnesty international, réclamant sa libération « immédiate et sans condition ». Un appel auquel s'est joint sur Twitter le président afghan Ashraf Ghani.