Au Pérou, un projet de référendum qui n’a “ni queue ni tête” ?

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Au Pérou, un projet de référendum qui n’a “ni queue ni tête” ?

Embourbé depuis plusieurs semaines dans une crise politique, économique et sociale, le Pérou a-t-il besoin de changer de Constitution ? Selon Correo, c’est en tout cas l’avis du gouvernement de Pedro Castillo : le Premier ministre, Aníbal Torres, a en effet annoncé lundi 25 avril que l’exécutif avait présenté au Parlement un projet de loi demandant l’organisation d’un référendum lors des élections locales d’octobre prochain.

“Approuvez-vous la convocation d’une assemblée constituante chargée d’élaborer une nouvelle Constitution ?” telle serait la question posée aux électeurs péruviens. Une initiative qui n’a “ni queue ni tête”, écrit en une de son édition du 26 avril le quotidien péruvien, classé à droite, en reprochant au gouvernement de mettre la charrue avant les bœufs.

Le projet vise à faire valider la Constitution d’une assemblée constituante avant même qu’on sache “si la population approuve ou non un changement de Constitution”, dénonce le quotidien. Selon le projet présenté par le gouvernement, l’assemblée compterait 130 élus, “dont 40 % seraient issus des partis politiques, 30 % seraient des candidats indépendants, 26 % des représentants des peuples indigènes et 4 % des représentants des communautés afro-péruviennes”.

“Écran de fumée”

L’annonce gouvernementale répond à une promesse de campagne du président de gauche Pedro Castillo, qui estime que l’actuelle Constitution du Pérou, promulguée en 1993 sous Alberto Fujimori, est responsable des inégalités économiques du pays. Mais la proposition de loi préalable à l’organisation d’un référendum doit être adoptée à la majorité absolue par le Parlement. Or la droite, qui y est majoritaire, est opposée à un changement de Constitution.

Cette proposition ne fera donc “qu’opposer les Péruviens, les diviser encore plus, générer de l’incertitude et faire fuir les investisseurs”, avertit Correo dans un éditorial. Un avis partagé par d’autres médias péruviens. Le quotidien conservateur El Comercio parle ainsi d’un “écran de fumée” servant à masquer les insuffisances du gouvernement de Pedro Castillo. Perú 21 dénonce “une distraction” face à la crise. Et dans une chronique, le quotidien de centre gauche La República évoque “un excellent instrument au service de la démagogie”.

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