Au nord de Kiev, les soldats russes ont séquestré des dizaines d'Ukrainiens dans une cave de 77m²

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Un village entier a été séquestré dans une cave par l'armée russe - Marko Djurica / REUTERS
Un village entier a été séquestré dans une cave par l'armée russe - Marko Djurica / REUTERS

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Plus la guerre en Ukraine avance, plus les exactions commises par l'armée russe sont découvertes. Dans les villes libérées de la région de Kiev, plusieurs massacres ont été constatés, comme à Boutcha ou à Borodyanka. À Yahidne, au nord de la capitale, des dizaines d'habitants ont été entassés de force pendant la quasi-totalité du mois de mars par les soldats russes dans la cave d'une école.

Dans cette "cave de l'enfer", 18 personnes sont mortes et ont désormais leurs noms inscrits symboliquement autour de la porte d'entrée du sous-sol. Sept ont été fusillées par les forces de Moscou parce qu'elles avaient refusé d'entrer dans cette cave, et onze sont mortes de faim, de soif ou de manque d'oxygène.

"Quand on était dans le sous-sol, tout se mélangeait. Le jour, la nuit: on n'avait plus aucune notion du temps, on mélangeait les dates", raconte à BFMTV Olga, une survivante.

"Dans ces conditions terribles, on avait peur d'oublier quand les gens mourraient. Quand la première personne est morte, tout le monde s'en souvenait. Mais dès le deuxième, on a décidé de noter les dates, pour ne pas oublier tant ils étaient nombreux", explique-t-elle.

Parmi les victimes, Nadia, 70 ans, est morte du manque d’oxygène, devant sa fille, ses petits-enfants et son arrière-petit-fils.

Se servir de la population civile comme de bouclier humain

Pourquoi les Russes ont-ils placé de force des dizaines de personnes dans une cave de 77m²? Pour se servir des habitants de Yahidne comme de boucliers humains. Au rez-de-chaussée et dans les étages, l'armée russe a installé son quartier général et un semblant d’hôpital militaire. Les Ukrainiens savaient que des civils étaient dans cette école, et ne l'ont donc pas bombardé.

Avec le changement de stratégie décidé par Moscou, l'armée russe se redéploie dans l'Est et la ville de Yahidne est libérée, tout comme l'école et la cave où sont retenus des dizaines de civils.

Pendant un mois, "j'étais accroupie 24 heures sur 24, sept jours sur sept", raconte Anyuta. "Les Russes nous avertissaient: si on essayait de sortir, ils allaient tirer, et ce peu importe s'il s'agissait d'un enfant ou d'une personne âgée. Parfois, on pouvait sortir avec leur autorisation si on voulait aller aux toilettes, mais il fallait ensuite immédiatement retourner dans la cave", témoigne-t-elle.

"On avait des difficultés pour se nourrir, pour s'hydrater. Il y avait des jours où on ne mangeait pas et on ne buvait rien de toute la journée", affirme cette jeune mère de 34 ans.

Cruauté des soldats russes

Selon les témoignages des habitants, les Russes "ne fournissaient aucun vivre." Anyuta explique que quelques villageois à l'extérieur de la cave "allaient chercher de l'eau et de la nourriture."

L'agence de presse Associated Press relaie également le témoignage de Julia Surypak, qui affirme que les soldats russes autorisaient certains prisonniers à sortir de la cave pour quelques instants, s'ils "chantaient l'hymne de la Russie."

Article original publié sur BFMTV.com

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