Au musée de Flandre, les animaux fantastiques

Libération.fr

Dans «A poils et à plumes», des Flamands s’emparent des bêtes, entre pièces contemporaines et art ancien.

Dans la carcasse d’un cheval mort, on trouve refuge. Leonardo DiCaprio en a fait la démonstration dans The Revenant, enveloppé nu dans son défunt animal, pour se protéger du froid. On prend la mesure de cette technique de survie des champs de bataille dans l’exposition «A poils et à plumes», au musée de Flandre à Cassel (Nord). Au cœur des superbes salles de l’hôtel de la Noble-Cour, classé monument historique, une installation choc : les chevaux monumentaux de l’artiste Berlinde De Bruyckere, les quatre fers en l’air, semblent sortir d’une scène de guerre peinte en arrière-plan : «Les Casselois dans le marais de Saint-Omer se rendant à la merci du duc Philippe le Bon» (huile sur toile de Francis Tattegrain, 1887). Sans yeux ni bouche, fabriqués en peaux de cheval récupérées dans des abattoirs - le père de l’artiste était boucher -, les sculptures contemporaines sont si impressionnantes que l’on visualise le conflit. Ces cadavres équins échoués (In Flanders Fields) lui ont été inspirés par les photos des champs de bataille de la Grande Guerre. Si Berlinde De Bruyckere aime montrer ses bêtes sacrifiées dans des espaces neutres, à Cassel, elles s’intègrent parfaitement à l’atmosphère cirée du musée, entre parquets, boiseries et tableaux du XIXe siècle. Pimenter les collections d’art ancien par des pièces contemporaines, c’est le but d’«A poils et à plumes». Le dialogue est visuellement réussi sans pour autant dégager un axe fort.

Au musée de Flandre, juché sur le mont Cassel (176 mètres), on domine la plaine de Flandres et on défend l’art flamand. On ne plaisante pas non plus avec l’histoire : «Ici, on était en Flandres jusqu’à Louis XIV», rappelle Sandrine Vézilier-Dussart, conservatrice en chef. L’objectif du musée, depuis sa création en 2010, est de diffuser les artistes flamands. Ceux d’«A poils et à plumes» le sont tous. Parmi eux, des vedettes. On retrouve un (...)

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