Au Moyen-Orient, le combat des femmes pour explorer leur sexualité

PHOTO Hamad I Mohammed/REUTERS

Depuis quelques années, le Moyen-Orient connaît “un engouement croissant pour les jouets sexuels”, écrit The Economist. Régulièrement, les agents aux frontières, à Dubaï ou ailleurs dans la région, confisquent godes, vibromasseurs ou autres menottes en peluche.

Certes, écrit le magazine américain, le plaisir solitaire féminin est encore tabou dans cette partie du monde. La plupart des prédicateurs religieux sunnites “considèrent la masturbation comme haram [un péché selon l’islam]” et mènent une croisade contre les sex-toys ; et les deux plus importants dignitaires chiites, le guide suprême iranien Ali Khamenei et l’Irakien Ali Sistani, ont émis des fatwas contre ces objets.

Mieux, “un mollah iranien a mis en garde les femmes contre l’épluchage des aubergines de peur que cela ne leur donne de mauvaises pensées”. Une sexologue finlandaise basée à Dubaï l’assure à The Economist : “Le plaisir solitaire est un grand tabou, ici.”

Désir d’émancipation

Néanmoins, souligne justement l’hebdomadaire, les tabous sexuels sont en train de tomber petit à petit. En Arabie saoudite, “les réceptionnistes d’hôtel ne vérifient plus que les couples partageant une chambre sont mariés”, et les Émirats arabes unis (EAU) ont dépénalisé les relations sexuelles hors mariage. Sans compter le fait que certaines personnalités religieuses “plus ouvertes d’esprit” sont moins critiques de la masturbation.

Et les jouets sexuels se démocratisent malgré le fait qu’ils soient interdits. Dans les centres commerciaux de Dubaï, certaines boutiques de lingerie “font également office de sex-shops”. Et en ligne, on peut trouver des vibromasseurs vendus comme des objets pour masser le visage, et d’autres accessoires destinées à “améliorer le bien-être”.

Sura est la fondatrice de Mauj, un site arabe sur la sexualité féminine qui vend des vibromasseurs :

“Le recours aux sex-toys fait partie du désir d’émancipation des femmes.”

“Nous nous attaquons à la culture de la honte qui régit nos corps et nos vies, et aidons les femmes à explorer leur sexualité de front”, ajoute-t-elle.

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