Au Mirail, «nous avions gagné le respect de la population»

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Déambulation avec un ancien membre de la police de proximité dans le quartier sensible de Toulouse, là où elle a été inventée et où Nicolas Sarkozy avait décidé en 2003 de la supprimer.

«Bonjour, vous vous souvenez de moi ?» Sur le trottoir, Djamel, solide trentenaire en survêtement interpelle Jean-Pierre Ballan, 63 ans. «Oui, qu’est-ce que tu deviens ?»«Ça va ! Je travaille mais j’ai eu des hauts et des bas. J’ai fait huit ans de prison à Muret [Haute-Garonne] pour une affaire de stups», lui répond sans détour Djamel. «Parler avec un flic, c’est mal vu ici, ajoute-t-il, mais avec Jean-Pierre, c’était différent, il nous respectait, nous saluait par notre prénom, et ne nous contrôlait pas pour rien. Il nous considérait comme des hommes. Ça donnait à réfléchir.»

Dix ans après son départ à la retraite, la venue en civil du brigadier Ballan sur la place commerçante de Bellefontaine, dans le quartier du Mirail, à Toulouse, ne passe pas inaperçue. Pendant cinq ans, de la création de la police de proximité en 1998 jusqu’à son arrêt en 2003, cette armoire à glace aux mains larges comme des battoirs a patrouillé «en tenue, en binôme et à pied» au milieu des blocs et des allées de «ce gros village de 25 000 habitants» : «A la fin, tout le monde nous connaissait. Nous avions gagné le respect de la population et changé le regard des habitants sur la police.»

Les débuts s’étaient pourtant révélés «très difficiles». En effet, quelques semaines avant le lancement de la «pol prox», le Mirail avait été le théâtre de violentes émeutes, conséquences de la mort de Habib, «un jeune du quartier âgé de 17 ans, abattu par un collègue alors qu’il tentait de voler une voiture». Le brigadier Ballan se souvient : «Les gens nous traitaient d’assassins, crachaient à notre passage. On faisait attention en passant sous les immeubles. Ça a duré un an avant que ça commence à changer.»

«Rassurant». Aujourd’hui, les jeunes émeutiers sont devenus des adultes, certains ont mal tourné, d’autres se sont (...)

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