Au Mexique, les locaux excédés par l’afflux de nomades numériques

Photo Jordan Carroll / Unsplash / CC

Vous êtes nouveau dans la ville ? Vous travaillez à distance ? Vous êtes un putain de fléau et les locaux vous détestent. Partez !” Voilà ce qu’on peut lire sur certaines affiches placardées dans les rues de Mexico, rapporte le Los Angeles Times. Les locaux ne supportent plus la présence de plus en plus envahissante des nomades numériques, venus en particulier des États-Unis.

En 2021, 1,6 million de ressortissants américains étaient installés au Mexique, selon le ministère des affaires étrangères des États-Unis. Ces expatriés sont à la recherche d’une meilleure qualité de vie à moindre coût et leur nombre n’a fait qu’augmenter depuis le début de la pandémie.

Selon Gustavo Arellano, un chroniqueur du LA Times d’origine mexicaine, cette génération d’expatriés “suffisants” est l’emblème d’une classe “privilégiée” qui ne s’intéresse ni aux locaux ni à la culture mexicaine. Des nouveaux venus qui inquiètent particulièrement Tyler Hansbrough, installé quant à lui dans le pays depuis 2016 :

La nature du travail [des nomades numériques] implique qu’ils n’ont pas besoin de parler espagnol ni de s’intégrer à la société mexicaine.

“Gagner des dollars et dépenser des pesos”

Un des nombreux digital nomads américains installés au Mexique depuis quelques mois, Hugo Van der Merwe confirme : “J’ai rencontré beaucoup de personnes qui ne s’intéressent pas vraiment au Mexique. La seule chose qui les attire, ce sont les prix bas.”

“Gagner des dollars et dépenser des pesos” se révèle très favorable pour ces travailleurs à distance, souligne le Yucatán Magazine. Cette nouvelle vague d’expatriés est venue pour “s’échapper” et non pas pour “explorer”, comme la vague précédente, selon le magazine.

Les Américains peuvent venir ici et […] vivre comme des rois […], mais ils doivent comprendre que le Mexique n’est pas un pays bon marché pour les Mexicains”, ajoute Dan Defosser, un autre Américain installé depuis douze ans dans le pays. Plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et, depuis le début de la pandémie – principalement à cause de l’augmentation des loyers –, un tiers des habitants de Mexico ont dû déménager, rapporte le magazine.

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