Au Mexique, la fin de la politique migratoire «remain in Mexico» ne règle pas tout

Le gouvernement américain va arrêter d'envoyer vers le Mexique des demandeurs d'asile pendant que la justice examine leurs dossiers. Cette mesure avait été mise en place sous l'ancien président Donald Trump, en 2019.

Avec cette politique migratoire de l'ère Trump, plus de 70 000 personnes auraient été envoyées au Mexique à ce titre. La fin de cette politique migratoire va avoir un résultat direct : les demandeurs d'asile ne seront plus forcés d'attendre au Mexique une réponse du juge des migrations. Jusqu'à maintenant, ils se retrouvaient près de la frontière, exposés à des trafics, ou même des viols et des meurtres.

Conrado Zepeda, directeur au Mexique du service jésuite d'aide aux réfugiés, salue donc cette décision. Mais les personnes qui font appel à son organisation ne sont pas soulagées pour autant. « Les migrants que nous rencontrons sont frustrés et désespérés pour certains, car ils savent qu'ils ne peuvent pas obtenir l'asile s'ils ont quitté leur pays pour des raisons économiques, explique-t-il. Et donc même avec la fin de la politique appelée "restez au Mexique", le nombre de migrants qui pourra entrer aux États-Unis va diminuer. »

Pour lui, l'annonce de la fin de cette mesure à trois mois des élections de mi-mandat est aussi un coup politique de Joe Biden face aux États conservateurs comme le Texas, qui souhaitait le maintien de cette politique. Pour le moment, les dispositions mises en place au début de la pandémie pour expulser les migrants, sans qu'ils aient le temps de déposer une demande d'asile, vont continuer de s'appliquer aux frontières des États-Unis.


Lire la suite sur RFI