Au Maroc, la criminalisation de l'avortement met les femmes en danger

Au Maroc, la criminalisation de l’avortement a des conséquences dévastatrices pour les femmes et les filles. C’est le constat que dresse Amnesty International dans un rapport publié le mardi 14 mai 2024. L’ONG de défense des droits humains estime qu’un grand nombre de femmes ont recours clandestinement à des méthodes dangereuses pour arrêter leur grossesse, et ce, même quand celle-ci résulte d’un viol.

Amnesty International a interrogé 33 Marocaines ayant cherché à se faire avorter. Parmi elles, Farah décrit le calvaire qu’elle a enduré. Violée par un de ses collègues, la jeune femme s’est rapprochée d’un gynécologue lorsqu’elle a découvert qu’elle était enceinte. Celui-ci a refusé de lui pratiquer un avortement. Farah a alors tenté d’avorter par ses propres moyens : « J’ai pris toutes sortes de plantes, et tout ce que l’on peut boire pour avorter, témoigne-t-elle auprès de l’ONG. J’ai acheté des plantes chez un herboriste, je les ai bues, j’ai eu des douleurs insupportables et j’ai vomi. J’ai senti mes intestins se tordre, mais cela ne m’a pas permis d’avorter. »

La jeune femme dit alors avoir eu recours à des méthodes plus radicales, « pendant plus de cinq mois, j’ai tout essayé, en vain ». Son employeur, lui, l’a suspendue de crainte qu’elle ne soit poursuivie pour relations sexuelles hors mariage. Face à cette situation, Farah confie à Amnesty avoir « envisagé de [s]e suicider ».


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