Au lieu de se taper cette Coupe du monde indigne, mieux vaut lire ou relire Proust

Proust, c'est Mbappé à la puissance mille! |Tom Hilton via Flickr
Proust, c'est Mbappé à la puissance mille! |Tom Hilton via Flickr

Longtemps, j'ai regardé la Coupe du monde. Tous les quatre ans, aussitôt que juin palpitait de ses effluves dorées, dans cette attente dûment endurée entre le moment où le capitaine de l'équipe championne soulevait le trophée et celui où ce même trophée serait à nouveau remis en jeu, intervalle pendant lequel ma passion pour le ballon rond s'était d'autant plus étoffée que par la rareté des retransmissions télévisées, j'avais été privé de sa présence, comme ces oiseaux migrateurs qui à des dates bien déterminées de la saison effectuent leur pèlerinage par-dessus les océans, je retrouvais le salon qui un mois durant me verrait assister à toutes les rencontres, d'abord joyeux puis de plus en plus triste quand la compétition s'avançant, je réalisais qu'il me faudrait attendre encore quatre longues années avant de pouvoir regoûter à son faste.

Mais comme cette année, la Coupe du monde fut organisée dans un de ces pays où les droits de la personne étaient ramenés à des considérations religieuses bien loin de l'esprit de fête et de concorde qui d'ordinaire présidait à l'événement, tel l'amant qui découvre l'infidélité de sa maîtresse avec un homme dont les valeurs sont aux antipodes des siennes et décide de s'en détourner, doublement déçu de s'être trompé à la fois sur la fragilité de ses sentiments et sa facilité à les enjamber pour renouveler son plaisir auprès d'un homme si peu recommandable, et afin de meubler ces longues heures où la terre entière se passionnerait pour des rencontres qui resteraient pour moi comme des échos assourdis d'une passion passagèrement éteinte, du moins l'espérais-je, à l'image de ces vacances où depuis des années on retrouve les mêmes amis lesquels pris par l'organisation de leur divorce, manquent cette fois à l'appel, je décidai de me replonger dans la lecture des...

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