«Au lieu d’être protégés, les activistes y sont traités comme des criminels»

Libération.fr

Le Britannique Ben Leather a enquêté au Honduras pour l’ONG Global Witness.

Dans son rapport présenté le 31 janvier à Tegucigalpa, l’ONG Global Witness, basée à Genève, présente le Honduras comme «le lieu au monde où le risque de mort est le plus élevé pour les défenseurs de l’environnement». L’un de ses auteurs, le Britannique Ben Leather, menacé d’arrestation par les autorités honduriennes depuis lors, a enquêté deux ans dans le pays.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lors de votre investigation au Honduras ?

Un des problèmes que nous avons constatés est la corruption autour des projets de construction, avec un haut niveau de collusion entre les élites politiques et économiques pour imposer ces projets aux communautés, et faire en sorte que les abus restent impunis. Les populations autochtones ne sont pas consultées, les projets leur sont imposés au mépris du droit international. C’est ce qui pousse les populations à se mobiliser. L’Etat hondurien ne protège pas sa population. Il a failli dans cette obligation de manière évidente dans le cas de Berta Cáceres. Elle avait dénoncé trente-trois menaces de mort avant d’être assassinée. Cela va bien plus loin, et touche largement les défenseurs de l’environnement à travers le pays.

Y a-t-il une situation particulière au Honduras par rapport au Salvador ou au Guatemala voisins ?

L’Amérique latine est le continent le plus dangereux pour les défenseurs de l’environnement. Beaucoup des problèmes que connaît le Honduras, comme l’impunité, la militarisation, le nombre élevé de conflits sur le droit de la terre avec des populations indigènes, sont présents ailleurs dans le sous-continent. Mais le Honduras connaît une situation extrême. La corruption autour de nombreux projets de construction fait prospérer la violence. C’est pourquoi Global Witness appelle à l’ouverture d’une enquête sur la présidente du parti au pouvoir, Gladis Aurora López, soupçonnée de corruption [lire ci-dessus, ndlr]. Nous pensons qu’une (...)

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