Au Liban, des députés dorment au Parlement pour forcer l’élection d’un président

En plein effondrement financier et économique depuis plus de trois ans, et en proie à une crise politique et institutionnelle majeure, le Liban est sans chef d’État depuis la fin du mandat de Michel Aoun, le 31 octobre dernier.

Malgré l’organisation de 11 séances parlementaires prévues à cet effet, les députés ont échoué à élire un nouveau président de la République, faute de majorité et de consensus entre les partis autour d’un candidat. À chaque séance, à l’issue du premier tour de scrutin, les élus appartenant au camp du Hezbollah provoquent un défaut de quorum pour empêcher un deuxième vote.

C’est pour tenter de conjurer ce cercle vicieux que deux des treize députés issus du mouvement de contestation né en 2019 contre la classe gouvernante ont pris une “initiative sans précédent”, écrit le quotidien libanais L’Orient-Le Jour.

Après la dernière séance en date, qui a eu lieu le 19 janvier, Melhem Khalaf et Najat Saliba ont entamé un sit-in à l’intérieur même de l’enceinte du Parlement “pour réclamer la tenue d’une réunion parlementaire ouverte, durant laquelle les tours se succéderaient jusqu’à l’élection d’un chef de l’État”.

Pas de percée en vue

Concrètement, les députés campent et dorment dans l’hémicycle. La journée, ils “doivent se contenter de cinq heures de courant” comme l’ensemble des habitants du pays, qui connaît une crise de l’énergie sans précédent.

Le soir, “ils utilisent la lumière de leurs téléphones, une bougie ou des batteries externes”, explique un député indépendant. Après avoir pris “une douche à l’eau froide”, les deux députés dorment chacun sur un canapé, explique une source parlementaire à L’Orient-Le Jour.

“Le sit-in ? Oui... mais après ?” titre le journal francophone libanais “L’Orient-Le Jour” dans son édition du lundi 23 janvier 2023.. PHOTO CAPTURE D’ÉCRAN L’ORIENT-LE JOUR
“Le sit-in ? Oui... mais après ?” titre le journal francophone libanais “L’Orient-Le Jour” dans son édition du lundi 23 janvier 2023.. PHOTO CAPTURE D’ÉCRAN L’ORIENT-LE JOUR

Depuis le début de leur sit-in, de nombreux députés contestataires, indépendants et de l’opposition au Hezbollah qui, eux, soutiennent le sit-in “du bout des lèvres”, explique le journal dans un autre article, ont rendu visite à leurs collègues.

Mais aucune percée ne semble pointer à l’horizon. Dans une interview à la presse, le président du Parlement libanais, Nabih Berry, allié du Hezbollah, a balayé l’éventualité de tenir des séances ouvertes, assurant qu’il en convoquera dès qu’il jugera “opportun de le faire”.

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