Au Liban, une activiste braque une banque pour financer les soins de sa sœur atteinte d’un cancer

Sali Hafiz (avec ses chaussures vertes), photographiée à l’intérieur d’une banque de Beyrouth après l’avoir prise d’assaut pour exiger l’accès aux dépôts de sa sœur pour payer ses frais d’hospitalisation.
ANWAR AMRO / AFP Sali Hafiz (avec ses chaussures vertes), photographiée à l’intérieur d’une banque de Beyrouth après l’avoir prise d’assaut pour exiger l’accès aux dépôts de sa sœur pour payer ses frais d’hospitalisation.

ANWAR AMRO / AFP

Sali Hafiz (avec ses chaussures vertes), photographiée à l’intérieur d’une banque de Beyrouth après l’avoir prise d’assaut pour exiger l’accès aux dépôts de sa sœur pour payer ses frais d’hospitalisation.

LIBAN - « Je ferai tout pour la sauver. » Impuissante face au cancer de sa sœur, Sali Hafiz, une jeune femme libanaise de 27 ans, a réalisé un « braquage » dans sa propre banque afin de recevoir l’argent présent sur son compte et qu’elle réclamait pour financer le traitement de sa sœur.

Ce mercredi 14 septembre, à Beyrouth, cette architecte d’intérieur a récupéré plusieurs milliers d’euros après avoir braqué la Blom Bank du quartier Sodeco de la capitale libanaise. Une histoire rocambolesque racontée par le journal Libération, qui se trouvait sur les lieux au moment des faits.

Selon le récit du journaliste Arthur Sarradin, la jeune femme, connue pour son activisme, s’est engouffrée en fin de matinée dans l’établissement bancaire avec des complices et un plan bien rodé. « Je suis là pour réclamer mon argent », crie-t-elle alors, armée d’un faux pistolet. Filmée par l’une des personnes qui l’accompagnait, elle réclame la somme de 20 000 dollars et menace même de s’immoler par le feu si elle n’obtient pas le montant. Un geste de désespoir directement lié à la situation économique de son pays le Liban, en raison de la grave crise économique traversée par le pays depuis 2019.

« J’ai demandé qu’on me donne les 20 000 dollars qu’il y a sur mon compte depuis 2015, mais la banque refuse », a-t-elle expliqué dans la foulée à Libération, avant de prendre la fuite avec moins de 12 500 dollars en poche. « Ma banque ne me donne qu’à peine 200 dollars par mois. Alors que ma sœur a besoin du médicament Tecentriq pour son cancer qui coûte toutes les deux semaines plusieurs milliers de dollars, environ 50 000. Je ferai tout pour la sauver », confie-t-elle encore.

Un acte loin d’être isolé au Liban

Après la fuite de Sali et de ses complices, les forces de l’ordre sont intervenues au domicile de celle qui avait été une des figures du mouvement contestataire aux prémices de cette crise économique libanaise. Mais sur place, seul un de ses proches — lui aussi connu pour son activisme — a été interpellé.

Comme le rappelle Libération, au Liban, les retraits bancaires sont désormais plafonnés afin de limiter l’accès des citoyens à leur compte bancaire, donnant lieux à des scènes surréalistes où les Libanais doivent faire la queue pour tenter de négocier quelques billets en plus du montant mensuel autorisé (entre 200 et 300 dollars maximum).

Quant à la jeune femme, toujours en fuite, elle est déjà devenue un symbole dans son pays, où de nombreux internautes la hissent déjà au rang d’« héroïne ». D’ailleurs, cette histoire est loin d’être un cas isolé dans ce pays où même les importations de médicaments ne sont plus subventionnées par l’État. Le même jour, un homme a également réalisé un braquage à la BankMed d’Aley, au sud-est de Beyrouth. Le suspect, qui a emporté un butin de 30.000 euros, a été arrêté par la police.

Quelques semaines plus tôt, un autre acte désespéré comme celui de Sali avait eu lieu à la Federal Bank du quartier de Hamra, où un homme a suivi un procédé similaire afin de financer une opération chirurgicale nécessaire pour son père malade.

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