Au Liberia, le surf pour apaiser la mémoire des enfants soldats

·2 min de lecture

Damien Castera et Arthur Bourbon, surfeurs pro et vidéastes, sont allés au Liberia à la rencontre d'anciens enfants soldats, enrôlés malgré eux dans la guerre civile qui a duré de 1989 à 2003, et fait plus de 250 000 morts. Dans leur film «Water get no enemy», ils montrent comment le surf a permis à ces jeunes de se reconstruire et d'apaiser leur traumatisme. Damien Castera nous explique sa démarche.  

Paris Match. Votre film, «Water get no enemy» aborde la délicate question de la guerre au Liberia. Comment avez-vous décidé de vous lancer dans ce projet ?
Damien Castera. Cela fait pas mal d’années que je fais des expéditions portées sur la nature, en Alaska par exemple. Là, j’avais envie de baser mon voyage sur l’humain et j’ai commencé à chercher des destinations pour trouver une histoire à raconter. Je suis tombé sur une photo de la vague de Robertsport, à la frontière du Sierra Leone, et en faisant quelques recherches, j’ai vu qu’il y avait une petite communauté de surfeurs qui était en train d’émerger. On voulait parler de la guerre, bien sûr, mais on voulait surtout aborder la reconstruction du pays, la résilience par le sport, par le surf.

Quelle a été votre réaction en arrivant sur place ?
C’est un pays qui reste très pauvre, on voit que la guerre a laissé des séquelles, les murs sont délabrés, on sent que le pays peine à se relever. C’était une première pour moi ce genre de voyage, normalement, j’ai plutôt l’habitude d’aller dans les forêts, de ne pas trop me mélanger avec les populations et là je me suis renseigné pendant 6 mois pour bien connaître l’histoire du pays, j’ai vu des images d’archive sur la guerre.

Votre film montre plusieurs témoignages forts, dont on sent qu’ils sont racontés avec beaucoup de pudeur. Avez-vous eu du mal à convaincre les habitants de parler ?
La guerre est un sujet assez tabou là-bas, ils ont décidé de tourner la page. Il n’y a pas eu de tribunal international donc il y a beaucoup de personnes qui ont participé à cette guerre qui sont encore au gouvernement où ils ont des postes importants, aucun criminel de guerre n’a été jugé… On a fait le choix de partir en équipe très(...)


Lire la suite sur Paris Match