Au Kurdistan irakien, des manifestants arrêtés et jugés avec de «fausses preuves»

·2 min de lecture

Les journalistes et défenseurs des droits de l’Homme détenus dans les geôles kurdes seraient « des espions, des éléments destructeurs et armés » selon le Premier ministre du Kurdistan irakien. À la fin 2020, des dizaines d'hommes ont été arrêtés lors d'importantes manifestations contre les autorités de cette région autonome et depuis, leurs familles dénoncent l'utilisation de la torture pour leur extraire de faux aveux.

Voilà des mois que personne n'a vu 16 des principaux meneurs du mouvement de contestation contre l'autorité du Kurdistan irakien, de fin 2020. Ils sont pour la plupart professeurs ou journalistes et les nouvelles reçues par l'un de leurs avocats ne sont pas bonnes.

« Leur situation est très dure et inquiétante. Beaucoup d'entre eux sont emprisonnés dans une même salle, ils n'ont même pas la place de s'allonger, dit-il. D'autre part, selon le dossier que l'on m'a transmis, les prisonniers sont accusés sans fondement : les autorités ont préparé de fausses preuves, des témoins anonymes qui n'ont ni identité, ni adresse. Ces témoins affirment que les prisonniers ont essayé de mettre en place une force armée pour faire un coup d'État contre le gouvernement du Kurdistan irakien, avec le soutien d'autres pays et de Bagdad. »

Les familles des détenus ont tenté d'attirer l'attention des Nations unies en organisant une manifestation devant leurs bureaux d'Erbil. Les premiers arrivés ont tous été arrêtés, selon la femme d'un des prisonniers.

« Quand on est arrivés au commissariat les femmes et les enfants ont été mis dans une pièce, les hommes en prison, raconte Rugash. On s'est alors rendu compte qu'on était au total 30 hommes, 14 femmes et 6 enfants. Nous les femmes nous sommes restées huit heures enfermés avec nos enfants. »

Après de longs interrogatoires, Rugash a été libérée. Aujourd'hui et malgré la peur, elle refuse de perdre espoir. Son mari, le journaliste Sherwan Sherwani sera jugé lundi 15 février : il risque la prison à perpétuité.

À lire aussi : Après les manifestations, colère et amertume au Kurdistan irakien