Au Koweït, les autorités multiplient les gestes de fermeté après un incendie meurtrier

Quarante-neuf morts et cinquante-six blessés, c’est le bilan d’un incendie qui a ravagé un immeuble habité par des travailleurs immigrés durant la nuit de ce mercredi 12 juin à Mangaf, au sud de la capitale koweïtienne. La plupart des victimes sont mortes après avoir “inhalé de la fumée pendant leur sommeil”, précise le quotidien Al-Raï qui, à l’instar de toute la presse du pays, fait sa une sur ce drame.

Près de 200 travailleurs, la plupart indiens, logeaient dans ce bâtiment situé dans un quartier résidentiel. “Le drame de Mangaf ébranle le Koweït”, titre ainsi Al-Qabas.

Cet incendie est révélateur de la situation souvent précaire des travailleurs immigrés, qui représentent environ deux tiers de la population de la petite mais richissime pétromonarchie de quelque cinq millions d’habitants.

Incurie à tous les étages

Il s’inscrit également dans un contexte politique très particulier, depuis le coup de force de l’émir qui, le 10 mai dernier, a mis un terme à la vie parlementaire du pays et a concentré les pouvoirs entre ses mains, en s’affranchissant de la Constitution. Depuis, les autorités promettaient une nouvelle ère de probité, d’efficacité et de prospérité.

Qu’un tel incendie vienne rappeler une forme d’incurie largement répandue dans le pays constitue donc un défi pour les tenants du nouvel ordre politique.

Pour y répondre, l’exécutif a ainsi enchaîné les gestes de fermeté, avec l’arrestation préventive du propriétaire de l’immeuble pour enquêter sur d’éventuelles défaillances dans les mesures de sécurité et la mise à pied du personnel encadrant de la municipalité.

Le ministre de l’Intérieur multiplie les interventions : “Lancement de visites sur le terrain pour traquer les contraventions aux règles de construction, sous la direction du ministre de l’Intérieur”, titre ainsi Al-Raï, qui rapporte également que le ministre a donné “un délai jusqu’à demain matin aux propriétaires d’immeubles” pour se mettre en conformité avec les règles.

Fahad Youssef Al-Sabah, prince de la famille régnante qui promet aujourd’hui de sévir avec “une totale détermination”, est au cœur des enjeux politiques. Il avait cristallisé le mécontentent d’une trentaine de députés d’opposition, qui s’étaient publiquement opposés à sa reconduction à son poste de ministre de l’Intérieur. C’est ce “défi” lancé à l’émir qui a largement été à l’origine de la suspension de la Constitution, rappelle le site Arab Reform.

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