Au Kenya, les sanctions durcies contre le braconnage semblent porter leurs fruits

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Une photo prise le 28 mai 2019 montre un rhinocéros noir errant à l'aube dans la réserve d'ol-Pejeta au siège du comté de Laikipia, à Nanyuki, près du mont Kenya. (Photo: TONY KARUMBA via Getty Images)
Une photo prise le 28 mai 2019 montre un rhinocéros noir errant à l'aube dans la réserve d'ol-Pejeta au siège du comté de Laikipia, à Nanyuki, près du mont Kenya. (Photo: TONY KARUMBA via Getty Images)

ANIMAUX - C’est une guerre sans frontière. Le fléau du braconnage est répandu à travers l’ensemble du continent africain, et parmi les pays les plus touchés par ces crimes environnementaux, on trouve le Kenya. C’est dans ce contexte que ce territoire d’Afrique de l’Est avait décidé de durcir ses sanctions contre le braconnage.

D’après la publication ce lundi 30 août du tout premier recensement animalier mené dans le pays, les autorités kényanes peuvent s’enorgueillir des progrès réalisés dans la lutte contre le braconnage. Ce recensement doit servir de base pour améliorer la préservation de l’environnement, et les résultats affichés sont pour le moins encourageants.

Selon ces données, le Kenya compte notamment 36.280 éléphants, une population en augmentation de 21% par rapport à 2014, année où le braconnage avait connu un pic.

“Les efforts pour alourdir les peines contre les crimes liés aux espèces menacées semblent porter leurs fruits”, estiment dans leur rapport les auteurs du recensement.

La population d’éléphants a plongé d’au moins 60% au cours des 50 dernières années

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a mis en garde en mars contre la population d’éléphants décimée en Afrique par le braconnage et la destruction de son habitat, en particulier par la conversion de terres pour l’agriculture.

La population d’éléphants de savane africaine a plongé d’au moins 60% au cours des 50 dernières années, ce qui a entraîné leur classement en espèces “en danger” dans la dernière mise à jour de la “liste rouge” de l’UICN. Le Congrès mondial de la nature de l’UICN se déroulera d’ailleurs très prochainement, du 3 au 11 septembre à Marseille.

Des éléphants passant avec une vue sur le mont Kilimandjaro enneigé en arrière-plan au sanctuaire de Kimana à Kimana, au Kenya, le 2 mars 2021. (Photo: YASUYOSHI CHIBA via Getty Images)
Des éléphants passant avec une vue sur le mont Kilimandjaro enneigé en arrière-plan au sanctuaire de Kimana à Kimana, au Kenya, le 2 mars 2021. (Photo: YASUYOSHI CHIBA via Getty Images)

La faune du Kenya, un trésor menacé

Ce recensement, financé par l’Etat kényan, a permis de dénombrer 30 espèces d’animaux différentes sur les près de 59% du territoire étudiés. “L’obtention d’un tel niveau d’informations (...) permet une meilleure politique, une meilleure planification et une meilleure évaluation des zones qui nécessitent une attention particulière”, a souligné le ministre de la Faune, Najib Balala, dans le rapport.

Le nombre de lions, zèbres, hirolas (antilopes de chasse) et des trois espèces de girafes que l’on trouve au Kenya est en augmentation, affirme le rapport, sans toutefois fournir de données comparatives avec les années précédentes. La seule girafe blanche du Kenya et son petit avaient été tués par des braconniers l’année dernière.

Un total de 1739 rhinocéros ont également été recensés, dont 840 rhinocéros blancs du Sud, 897 rhinocéros noirs et deux rhinocéros blancs du Nord en danger critique d’extinction.

Dans les années 1960, on recensait encore 2360 de rhinocéros blancs du Nord à l’état sauvage. Les braconniers les ont exterminés en masse et sans limite pendant une vingtaine d’années: en 1984, il n’en restait plus que 15. Le dernier mâle de l’espèce des rhinocéros blancs du Nord est décédé en 2018. Les scientifiques ont réussi à relancer cette sous-espèce grâce à l’insémination artificielle.

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Le président Uhuru Kenyatta a salué la réussite des agences de protection de l’environnement dans leur lutte contre le braconnage, tout en les exhortant à trouver des approches innovantes pour protéger la faune.

″(La faune) est notre patrimoine, c’est l’héritage de nos enfants et il est important pour nous de savoir ce dont nous disposons, afin d’être mieux informés dans notre politique et sur les actions à mener”, a déclaré le chef de l’Etat dans un communiqué.

Le rapport souligne toutefois qu’une attention particulière doit être portée à certaines espèces d’antilopes, comme les antilopes des sables et les bongos de montagne, dont on dénombre moins de 100 spécimens pour chacune d’elle. Ces espèces pourraient disparaître si aucune mesure urgente n’est prise.

Les progrès enregistrés pourraient également se voir menacer par la croissance exponentielle de la population humaine et l’augmentation concomitante des besoins de terres, pour l’habitat mais aussi pour les activités économiques (bétail, exploitation forestière, consommation de charbon de bois), prévient le rapport.

À voir également sur Le HuffPost: Au Kenya, la culture d’avocats menace les éléphants

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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