Au Kenya, sur les plages de Lamu, mieux vaut mal parler anglais

PHOTO ERIC LAFFORGUE/HANS LUCAS/AFP

“En tant que guide, tu vas perdre des clients si tu parles trop bien une langue étrangère ou que tu as l’air trop futé, mon ami.” À 70 ans, Ziwa Abdallah est l’un des plus vieux guides de la station balnéaire de Lamu, au Kenya. Il est également président de l’association locale des guides et opérateurs de plages. Et il est formel : pour mettre les touristes en confiance, rien ne sert de maîtriser les langues étrangères à la perfection. Au contraire : “parler une langue étrangère ou un anglais cabossés paie mieux que d’être à l’aise”, assure-t-il au quotidien kényan Daily Nation, qui consacre un article aux “trucs et astuces” des guides face aux touristes.

Qu’ils aient l’air à l’aise ou pas, les guides sont devenus experts dans l’art de repérer les accents, poursuit Daily Nation. “On n’approche pas les touristes sans avoir un plan”, explique Mohamed Abubakar, 49 ans, dont trente et un ans de service sur la plage. “Il faut savoir d’où [ils] viennent et commencer à leur parler en prenant leur accent”, poursuit le professionnel. “Ce qui est le plus important, c’est d’être sociable, soigné et de maîtriser l’art de la persuasion”, résume le quotidien. Et de garder le sourire. Un autre guide ajoute :

“Certains touristes sont durs. Parfois ils parlent mal quand vous vous approchez, mais le simple fait que vous ne vous vexez pas leur plaît. Ils finissent par devenir vos meilleurs amis.”

Station balnéaire longtemps considérée comme idyllique, Lamu voit doucement revenir les touristes, qui avaient fui après la multiplication des attaques terroristes menées par les chebabs somaliens dans ce comté du nord du Kenya, proche de la frontière avec la Somalie.

Ces deux dernières années, la région a également souffert des restrictions de voyages liées à la pandémie. Mais la plupart des guides sont restés fidèles au poste. Le plus souvent sans diplôme, ils estiment que le boulot paie bien. “Imaginez, sur une bonne saison, vous pouvez gagner 3 000 shillings [environ 25 euros] par jour, c’est mieux que de travailler dans un bureau”, se réjouit Omar Ali, sur la plage depuis vingt ans.

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