Au Japon, l'assassin présumé de Shinzo Abe "en voulait à la secte Moon"

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© Kim Kyung-Hoon, Reuters
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La mère de l'homme accusé d'avoir assassiné Shinzo Abe est membre de l'Église de l'Unification, a confirmé lundi cette organisation également connue sous le nom de "secte Moon". Le suspect souhaitait se venger de cette organisation en visant l'ancien Premier ministre japonais.

Alors que des milliers de personnes sont venues se recueillir, mardi 12 juillet à Tokyo, sur le passage du cortège funéraire de Shinzo Abe, l'enquête se poursuit sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre japonais. Lundi, l'Église de l'Unification, également connue sous le nom de "secte Moon", a confirmé que la mère de l'assassin faisait partie de ses membres. Une organisation dont le tueur présumé avait dit vouloir se venger en visant l'ancien dirigeant japonais.

Tetsuya Yamagami, 41 ans, un ancien membre de la Force maritime d'autodéfense, la marine japonaise, "en voulait à une certaine organisation" et avait décidé de tuer Shinzo Abe parce qu'il pensait que l'ancien chef du gouvernement avait un lien avec celle-ci, avait déclaré vendredi la police japonaise.

Des médias nippons avaient rapidement évoqué une organisation religieuse sans la nommer, et affirmé que Tetsuya Yamagami en voulait à celle-ci parce qu'elle aurait obtenu des dons importants de sa mère, mettant leur propre famille en grande difficulté financière.

Selon des sources policières citées par des médias locaux, Tetsuya Yamagami aurait regardé sur YouTube des vidéos montrant comment fabriquer une arme à feu artisanale comme celle utilisée pour l'attaque.

Une secte surtout présente aux États-Unis et au Japon

L'Église de l'Unification a été fondée en 1954 en Corée du Sud par Sun Myung Moon (1920-2012). Elle est principalement présente dans ce pays ainsi qu'aux États-Unis et au Japon.

Les enseignements de ce culte célèbre pour ses mariages collectifs de masse sont fondés sur la Bible, avec des interprétations nouvelles.

Personnage très controversé devenu milliardaire grâce au vaste empire économique bâti par son Eglise, Moon assurait avoir eu à l'âge de 15 ans une vision de Jésus-Christ lui enjoignant de poursuivre sa mission, afin que l'humanité parvienne à un stade de pureté "sans péché".

Passage du cortège funéraire devant des lieux symboliques

La cérémonie des obsèques de Shinzo Abe s'est déroulée mardi en début d'après-midi au temple bouddhiste Zojoji, dans le centre de la capitale nippone, en présence notamment de la veuve de Shinzo Abe, Akie, et du Premier ministre en exercice, Fumio Kishida.

De nombreux Japonais s'étaient rendus spontanément dès le matin devant le temple pour y rendre hommage au dirigeant dont la mort violente à 67 ans a bouleversé le pays.

"Je suis choqué et en colère. Je n'arrive pas à surmonter ma tristesse, alors je suis venu déposer des fleurs et prier", a confié à l'AFP Tsukasa Yokawa, 41 ans. "Je le respectais vraiment. C'était un grand Premier ministre qui a fait beaucoup pour accroître la présence du Japon dans le monde."

Des hommages publics devaient avoir lieu à une date ultérieure à Tokyo et dans le département de Yamaguchi (sud-ouest), dont Shinzo Abe était l'un des députés au Parlement.

Après la cérémonie, le cortège funéraire a quitté le temple pour passer devant des institutions politiques où Shinzo Abe a officié au cours de sa carrière : le Parlement, le bureau du Premier ministre et le siège du Parti libéral-démocrate (PLD, droite nationaliste) au pouvoir.

Devant chaque bâtiment, des ministres, des responsables et des employés se sont inclinés, les mains jointes, au passage du corbillard.

Assise à l'avant du véhicule noir, Akie Abe tenait devant elle la tablette de bois où était inscrit le nom posthume de son époux selon la tradition bouddhiste.

Le ministre japonais de la Défense, Nobuo Kishi, frère de Shinzo Abe, a qualifié mardi l'attaque d'"acte terroriste". "J'ai perdu mon frère, et le Japon a perdu un leader irremplaçable", a-t-il déclaré sur Twitter, ajoutant : "Mon frère aimait le Japon et risquait sa vie pour la politique et pour protéger cette nation."

Avec AFP

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