Au Japon, les comportements haineux vis-à-vis des Russes se multiplient

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Les autorités japonaises, par la voix du ministre des Affaires étrangères, Yoshimasa Hayashi, ont lancé un appel solennel à la population pour que cessent les comportements xénophobes vis-à-vis des Russes. Ces derniers jours, le pays considère néanmoins que le conflit russo-ukrainien empêche désormais de poursuivre les discussions pour un éventuel traité de paix avec la Russie à propos des îles Kouriles.

« Dégage: rentre dans ton pays ! », « Les complices des génocidaires n'ont rien à faire au Japon ! », « Crève ! ». Diyana reçoit chaque jour ce genre de messages comme elle le raconte à Bruno Duval, correspondant de RFI à Tokyo.

« J'ai fait le compte : plus de 300 personnes me harcèlent sans arrêt sur Twitter. J'ai beau dire et répéter sur ma chaîne YouTube que je suis contre cette guerre, je me fais insulter à longueur de journées. C'est triste. Et ça m'effraie, évidemment...», confie-t-elle.

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Discriminations, intimidations, menaces

Les lettres de menaces anonymes, les appels téléphoniques injurieux ou silencieux, c'est aussi ce que subissent Daya et sa mère, Anastasia : « Cette agressivité, c'est insensé : nous faisons partie d'une association venant en aide aux Ukrainiens qui ont trouvé refuge au Japon ! C'est surtout pour ma fille de deux ans que j'ai peur, en fait. J'ai la hantise que si ce climat anti-russe perdure, elle finisse par devenir un souffre-douleur à la crèche ».

Un hôtel a affiché sur sa porte d'entrée que, désormais, il refusait les clients russes. Une grande gare à Tokyo a dissimulé tous les panneaux indicateurs en cyrillique, craignant qu'ils provoquent... « un inconfort émotionnel excessif » aux usagers japonais. Et dans la capitale, la vitrine d'un restaurant russe a été vandalisée. Il y a deux ans, déjà, une vague de xénophobie avait déferlé sur le Japon. À l'époque, les actes et propos sinophobes s'étaient multipliés. Car les premiers malades du Covid-19 recensés dans le pays étaient tous des immigrés chinois.

Tokyo durcit le ton avec Moscou

Dans son « Livre bleu » diplomatique annuel publié ce vendredi 22 avril, le pays considère de nouveau que quatre petites îles au nord de l'Archipel sont « occupées » par la Russie. Envahies par l'armée soviétique dans les tous derniers jours de la Seconde Guerre mondiale en août 1945, puis annexées par Moscou, ces îles appelées « Territoires du Nord » par Tokyo sont, selon ce document officiel des « territoires japonais sur lesquels le Japon détient le droit de souveraineté, mais qui sont actuellement occupés illégalement par la Russie »

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