Au Japon, des abonnements pour des logements nomades

PHOTO TETSU JOKO/THE YOMIURI SHIMBUN/ AFP

Pour sortir de la jungle de béton qu’est la ville de Tokyo, pourquoi ne pas vous abonner à un service de location à la campagne ? Telle est l’idée de l’entreprise ADDress, qui a lancé en 2019 une plateforme d’abonnement permettant de séjourner jusqu’à deux semaines dans plus de 200 logements meublés situés partout au Japon. “Quand on est dans une région riche en nature, cela donne plus d’occasions de se détendre. C’est mieux pour la productivité aussi”, raconte Akihisa Oikawa, un des usagers du service, au quotidien économique Nihon Keizai Shimbun.

Avec sa compagne, Akihisa Oikawa change de maison au gré de leurs envies, passant par exemple de Masuko (dans le nord de Tokyo), ville montagnarde réputée pour sa production de céramiques, à celle d’Oarai (dans le nord-est de Tokyo), qui donne sur le Pacifique. “Avant, ils se rendaient tous les jours à leurs bureaux respectifs à Tokyo. Or, Covid-19 oblige, ils télétravaillent désormais à cent pour cent”, précise le journaliste. Le nombre d’abonnés a ce service a été est multiplié par neuf depuis son lancement.

Un espoir pour l’économie régionale

Dans la même veine, l’entreprise Sanu met à disposition de ses clients des chambres d’hôtes situées dans les départements de Yamanashi et de Nagano, réputés pittoresques. Plus de 2 000 personnes se sont inscrites sur la liste d’attente pour s’abonner à leur service. Selon un sondage réalisé en 2020 par Biglobe, l’un des principaux fournisseurs d’accès Internet du pays, cet engouement traduirait une tendance de fond. Environ 60 % des personnes interrogées se disent favorables à l’idée de “workation”, néologisme créé à partir des mots anglais work et vacation. Parallèlement, certaines entreprises japonaises, comme le gérant de plateforme de recherche Yahoo Japan, autorisent désormais leurs employés à travailler d’où ils le souhaitent.

L’augmentation des personnes faisant le choix du nomadisme pourrait représenter un atout l’économie régionale du pays, exsangue du fait de l’exode rural qui perdure depuis des dizaines d’années, écrit le journaliste. Pour ne pas perdre cette aubaine, “il faudrait que les collectivités territoriales travaillent à un meilleur accueil, fait remarquer Matsushita Keita, professeur à l’université du Kansai cité dans l’article. Ils peuvent par exemple améliorer leur connexion Internet et installer des dispositifs destinés à mettre à profit les expériences des personnes venues de l’extérieur.”

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