Au gouvernement, l’alarme lourde

Libération.fr

A deux jours de la mobilisation, l’exécutif a cherché à décourager les manifestants avec un discours très anxiogène.

Paris pétrifié. En alerte maximale, les services de sécurité ont prévenu le pouvoir : dans la capitale, il faut s’attendre au pire à l’occasion du «IVe acte» des gilets jaunes. L’Elysée a fait le choix de la dramatisation : les remontées du terrain «extrêmement inquiétantes» laissent craindre un mouvement «d’une grande violence». Plusieurs milliers de personnes déterminées se prépareraient «pour casser et pour tuer», a confié une source de la présidence. Jeudi au 20 heures de TF1, Edouard Philippe a lancé que «marcher sur l’Elysée, on voit ce que ça veut dire», affirmant toutefois que «la République est solide» et qu’il croit au «bon sens des Français» après le «geste d’apaisement» de l’exécutif.

Annoncée dans la douleur (lire page 12), l’annulation des hausses des taxes sur les carburants pour l’année 2019 n’aura donc pas suffi. Les appels à manifester à Paris se sont multipliés sur les réseaux, le plus souvent pour donner rendez-vous sur les Champs-Elysées. Certains prônent la dissolution de l’Assemblée, une marche sur l’Elysée ou une nouvelle prise de la Bastille.

L’Intérieur a décrété la mobilisation générale. 89 000 membres des forces de l’ordre seront mobilisés en France samedi, dont 8 000 dans Paris. Instruite par le fiasco du 1er décembre, la préfecture a défini une nouvelle stratégie pour les policiers et gendarmes qui devront être plus mobiles et aller plus directement au contact. A trois semaines de Noël, les commerces des Champs-Elysées sont appelés à baisser leurs rideaux tandis que de nombreux musées seront fermés.

Mercredi, Emmanuel Macron a invité les forces politiques et syndicales à «lancer un appel clair et explicite au calme». Appel relayé ce jeudi par Edouard Philippe au Sénat : «Ce qui est en jeu, c’est la sécurité des Français et nos institutions», a-t-il souligné, demandant aux gilets jaunes de ne pas se rendre à Paris pour (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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