Au débat du PS, seule la question de la Nupes a mis l’ambiance

Les trois candidats au poste de Premier secrétaire du Parti socialistes Olivier Faure, Hélène Geoffroy et Nicolas Mayer-Rossignol ont débattu sur franceinfo le 7 janvier.
Les trois candidats au poste de Premier secrétaire du Parti socialistes Olivier Faure, Hélène Geoffroy et Nicolas Mayer-Rossignol ont débattu sur franceinfo le 7 janvier.

POLITIQUE - « Comme sur de très nombreux sujets, je suis en accord parfait avec mes camarades », a ainsi lâché Olivier Faure ce vendredi 6 janvier, lors du débat des candidats à la présidence du Parti socialiste entre Hélène Geoffroy et Nicolas Mayer-Rossignol. Et comme attendu, un seul sujet provoque une véritable fracture.

Ce n’est qu’après une heure et demie d’échanges sur la sécurité, le nucléaire, le travail, les retraites ou encore la réintégration des soignants non-vaccinés qu’un véritable fossé d’opinions est apparu entre les candidats sur la question de l’avenir de la NUPES.

Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, tient une position centrale : il voit dans l’alliance conclue aux législatives un simple « intergroupe » et veut des « états généraux » de la gauche où les socialistes seront « alliés mais pas alignés ». En face, Hélène Geoffroy et Olivier Faure tiennent deux lignes opposées. Alors que le second défend l’accord électoral, tout en reconnaissant des divergences d’opinions avec LFI sur les sujets européens, la maire de Vaulx-en-Velin promet de suspendre la participation du parti à l’alliance.

« C’est une blague ?! »

Hélène Geoffroy s’en est notamment prise à Jean-Luc Mélenchon, l’accusant d’avoir « théorisé l’apport des voix du Rassemblement national pour faire tomber le gouvernement. » « Et c’est lorsqu’avec mes camarades, je suis montée au créneau, que les socialistes à l’Assemblée se sont désolidarisés », a fustigé l’élue locale, en référence au tollé de début décembre, après que LFI a étudié la possibilité de présenter un texte lors de la niche parlementaire du groupe de Marine Le Pen.

Mais les propos de l’édile ont provoqué la colère d’Olivier Faure. « C’est une blague ?! Tu ne peux pas dire ce que tu dis là et tu devrais le retirer tout de suite », s’est agacé le député de Seine-et-Marne. « Laissez penser que les socialistes ont pu à un moment quelconque (...) se compromettre avec l’extrême droite, c’est impossible ! C’est insupportable ! », a-t-il tonné, « agacé ». Hélène Geoffroy a par la suite assuré qu’elle n’accusait pas les socialistes de « collusion » mais elle a de nouveau déploré que « ce soit LFI qui donne le ton ».

Le ton de l’échange a apporté de l’eau au moulin de Nicolas Mayer-Rossignol qui se présente comme la « voie centrale » socialistes. « C’est affligeant. Si on veut rassembler la gauche, il faut déjà rassembler les socialistes », a taclé le maire de Rouen.

« Il y a quand même des choses qui nous réunissent, il ne faut pas exagérer »

Cet épisode mis à part, les adhérents socialistes qui cherchaient de quoi départager nettement les candidats sont sans doute restés sur leur faim. Car entre les trois postulants, les différences sont plus proches de la nuance.

Ainsi sur le nucléaire, auquel aucun des trois ne s’oppose nettement. Mais où Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol le présentent comme une énergie « de transition » avant le développement massif des renouvelables, Hélène Geoffroy assume défendre un « mix énergétique ». La réforme des retraites hérite du même traitement : le recul de l’âge de départ à 65 ans fait l’unanimité contre lui, mais la retraite à 60 ans, défendue par Olivier Faure, est une « hérésie » pour Hélène Geoffroy.

Ailleurs, sur l’augmentation du SMIC à 1600 euros ou l’immigration, les nuances s’estompent, voire disparaissent. « Comme sur de très nombreux sujets, je suis en accord parfait avec mes camarades », a d’ailleurs reconnu Olivier Faure interrogé sur ce dernier thème. Les trois partagent aussi le même point de vue sur la non-réintégration des soignants non vaccinés qui « doivent être en capacité de retrouver un travail » dans un autre secteur, selon Hélène Geoffroy, tandis qu’Olivier Faure soulignait « l’obligation de reconversion » du gouvernement vis-à-vis des concernés.

Enfin, quand questionnés par une téléspectatrice sur leurs projets pour « faire rêver » du Parti socialiste, tous citent Jean Jaurès, au point d’amuser Nathalie Saint-Criq. « Il y a quand même des choses qui nous réunissent, il ne faut pas exagérer », réplique Olivier Faure. À l’issue de cet unique débat avant les votes du 12 et 19 janvier, personne n’en doute.

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