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Au congrès du MoDem, Bayrou repart en mission pour la proportionnelle

Le président du MoDem François Bayrou au congrès de son parti à Blois, le 24 mars 2024 (Sebastien SALOM-GOMIS)
Le président du MoDem François Bayrou au congrès de son parti à Blois, le 24 mars 2024 (Sebastien SALOM-GOMIS)

Réélu à la tête du MoDem lors du congrès du parti à Blois, François Bayrou a réaffirmé dimanche ses priorités, dont l'éternel chantier de la proportionnelle, pour laquelle il a reçu le soutien de la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.

Il n'a quasiment pas été question, ce weekend à la tribune de la Salle du jeu de paume de Blois, du procès des assistants parlementaires européens du MoDem, qui a valu en février de lourdes condamnations au parti et à certains de ses membres mais une relaxe pour François Bayrou. Le parquet a fait appel.

Pas plus que du récent épisode de la vraie-fausse entrée au gouvernement du maire de Pau, qui avait annoncé qu'il n'intégrerait pas l’équipe de Gabriel Attal alors que son nom circulait depuis plusieurs jours pour le portefeuille de l’Éducation nationale. Les deux dirigeants ont affiché samedi leur unité lors de la venue du Premier ministre.

Après une réélection sans concurrence (88,1% des voix), le patron du MoDem est resté sur ses classiques, reprenant d'abord une revendication ancienne et jamais satisfaite en sept ans de présidence d'Emmanuel Macron: la proportionnelle à l'Assemblée.

"J'ai la conviction que nous allons y arriver", a-t-il déclaré.

Et "si jamais les responsables avaient du mal à être convaincus, il y a un moyen très simple pour les convaincre: donner la parole au peuple français", a-t-il ajouté, évoquant l'hypothèse d'un référendum.

Une consultation directe des Français ? "On verra au bout du chemin que c'est le seul moyen de faire", a dit le leader centriste en marge du congrès.

L'introduction d'une dose de proportionnelle figurait dans la révision constitutionnelle abandonnée en 2018 et 2019. Si Emmanuel Macron s'y est à nouveau dit favorable en 2022, la mesure ne figurait pas dans son programme de réélection.

Dans ce combat ancien, le MoDem a reçu le soutien signalé de Yaël Braun-Pivet, la présidente (Renaissance) de l'Assemblée, qui s'est emparée de cette question cette semaine et a lancé dimanche à Blois "un appel à renouer avec notre promesse démocratique originelle, celle portée par le président de la République" en 2017.

- "Espace central" -

Mme Braun-Pivet prône la proportionnelle dans les départements comptant au moins 11 députés et le maintien du scrutin majoritaire dans les autres départements.

Une formule qui convient au MoDem ? Pas sûr. Mais au moins, "elle remet sur le métier quelque chose que tout le monde avait enterré", glisse une dirigeante du parti.

Si les thèmes de débat (Europe, démocratie, écologie avec une intervention de l'ex-Première ministre Élisabeth Borne) ont comme toujours été nombreux au MoDem, la présidentielle de 2027 était présente dans beaucoup d'échanges. L'impossibilité pour Emmanuel Macron de se représenter nourrit l'incertitude sur le devenir de "l'espace central" qui gouverne depuis 2017.

Premier visé: le président de l'UDI, Hervé Marseille. "Il faut rassembler tout ceux qui" veulent "éviter le pire en 2027", a-t-il dit dimanche à Blois, après que son parti a entériné samedi son rapprochement avec la majorité présidentielle pour les élections européennes.

"Nous avons besoin que les centristes s'unissent", a glissé le ministre et vice-président du MoDem Marc Fesneau.

Une piste qui a également rencontré un écho chez le secrétaire général du parti présidentiel Stéphane Séjourné. "Je crois à la construction de l'espace central pour la suite et pour 2027", a-t-il dit.

M. Bayrou a par ailleurs mis en garde le gouvernement sur la question des finances publiques, alors que l'exécutif entend réaliser des économies drastiques face à une situation budgétaire dégradée.

"Le moment n'est pas de casser la croissance". "On a besoin de reconstruire, ça se fait par la croissance, et la croissance doit être le premier but des finances publiques aujourd'hui", a-t-il dit.

Les européennes ont également irrigué les débats. Alors que la majorité est nettement distancée par le Rassemblement national dans les sondages, le président du Parti radical Laurent Hénart s'est élevé contre le "fatalisme": "Non, la montée de l'extrême-droite n'est pas inexorable. Elle ne l'est pas aux européennes, elle ne l'est pas à la prochaine présidentielle".

"Le 9 juin, dans l'isoloir, le choix sera clair: laisser la voie ouverte au blocage de nos institutions, ou répondre présent pour notre avenir", a de son côté résumé la tête de liste de la majorité, Valérie Hayer.

bpa/sde/gvy