Au coeur d'un centre d'écoute qui tente de prévenir et d'empêcher les actes pédophiles

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Un homme auteur de violences sexuelles sur mineur au micro de BFMTV - BFMTV
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"Je me demande encore pourquoi, pourquoi j’ai fait ça." Alors qu'approche la Journée internationale des droits de l'enfant, qui aura lieu ce samedi 20 novembre, plusieurs dispositifs sont mis en place afin de prévenir les violences sexuelles sur les mineurs. Parmi elles, une ligne téléphonique d'urgence grâce à laquelle les individus susceptibles de passer à l'acte, ou qui l'ont déjà fait, peuvent s'entretenir avec des intervenants professionnels qui leur proposent un accompagnement.

"On n’écoute plus les clignotants, on ne les voit plus"

Dans ces centres appelés CRAVS (Centre de ressources régional sur les auteurs de violences sexuelles), qui sont au nombre de 24 en France, les individus déjà condamnés peuvent également faire appel à des psychologues. Auprès de BFMTV, un retraité montpelliérain de 76 ans, lui-même auteur d'attouchements sexuels sur sa petite-fille par alliance, a accepté de témoigner.

"Elle avait entre huit ans et demi et neuf ans. J’en avais la garde et de fil en aiguille, j’ai dérapé. Après le bain je revenais pour donner un coup de main pour sécher, s’habiller, je lui donnais les affaires. Petit à petit j’ai commencé à la toucher. C’est là que j’ai commencé à voir son sexe et à être attiré", explique-t-il.

Dans la suite de son propos, cet homme, qui a été condamné à une peine de prison de cinq ans dont trois ferme assortie d'une obligation de soins de 13 ans, a encore bien du mal, cinq ans après les faits, à expliquer le glissement dont il a été victime.

"Je me demande encore pourquoi, pourquoi j’ai fait ça. J’ai bien compris un petit peu le mécanisme, il y avait quelque chose qui me taraudait, qui n’allait pas. Il y a tout un contexte qui fait qu’à un moment ou un autre, on se laisse un peu aller, on n’écoute plus les clignotants, on ne les voit plus", affirme-t-il encore.

Dans ce cas précis, l'existence d'une telle ligne téléphonique d'écoute aurait été une aide pour le septuagénaire, l'empêchant potentiellement de passer à l'acte.

Intervenir le plus tôt possible

Auprès de BFMTV, les membres du CRAVS expliquent en détail en quoi consiste leur mission.

"L’idée de cette ligne téléphonique c’est de pouvoir téléphoner avant de faire une bêtise, à partir du moment où on commence à s’interroger sur sa propre sexualité, sa préférence, etc. Si des mineurs apparaissent dans les fantasmes, dans les pensées à contenu sexuel, il faut absolument nous appeler, tout de suite. L’objectif est d’intervenir le plus tôt possible, avant même la réalisation d’une infraction comme télécharger des images à caractère pédopornographique, ce qui est déjà une violence", explique Mathieu Lacambre, psychiatre et fondateur du CRAVS.

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Pour eux, cette aide est d'autant plus importante qu'il est extrêmement difficile de sortir seul de cette situation.

"Habituellement, on pense s’en sortir seul. Ils savent bien qu’ils sont pris dans un schéma complexe, qu’il y a eu un passage à l’acte ou qu’il y a un risque de passage à l’acte, mais c’est difficile d’en parler. Le fait de dire qu’il y a des personnes qui vont vous écouter de façon plus précise c’est quand même plus facile que de dire je vais aller en parler à mon généraliste", assure de son côté Magali Teillard, psychologue au CRAVS de Montpellier.

Le traitement de ces violences, commises à 90% dans le cercle familial, est d'autant plus complexe qu'elles sont à 50% faites par des individus eux-mêmes victimes d'attouchements sexuels au cours de leur jeunesse. Un cercle vicieux dont résulte une statistique glaçante: en France, en moyenne, trois enfants par classe âgés entre 4 et 8 ans ont été victimes d'abus à connotation sexuelle.

Article original publié sur BFMTV.com

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