Au cinéma, cet hiver, il va (aussi) falloir se couvrir un peu plus

Photo taken in Paris, France
Paulo Sousa / EyeEm / Getty Images/EyeEm Photo taken in Paris, France

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À leur tour, les cinémas sont invités à baisser le chauffage dans les salles. (Photo d’illustration)

CINÉMA - L’heure est à la sobriété. La Fédération nationale des cinémas français a dévoilé, ce jeudi 22 septembre, des mesures, non chiffrées et non obligatoires, pour tenter de réduire rapidement la consommation énergétique des salles, sans trancher la question brûlante d’une éventuelle réduction du nombre de séances quotidiennes face à la crise.

« Le cinéma est un art de lumière, et donc un gros consommateur d’électricité. L’énergie pour faire tourner une salle dépasse largement les 3 % du chiffre d’affaires, et les 10 % dans les cinémas les plus anciens », a déclaré le président de la fédération Richard Patry, lors de son congrès annuel à Deauville.

« Les salles doivent contribuer à l’effort national de sobriété écologique, c’est citoyen et c’est aussi une obligation économique face à l’envolée des prix de l’énergie. Après 300 jours de fermeture à cause du Covid, on ne peut pas prendre le risque de subir un délestage d’électricité cet hiver », a-t-il ajouté. L’idée ? Éviter de se retrouver avec des cinémas fermés le soir, comme s’en inquiète Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la FNCF, dans les colonnes du Monde.

En pratique, les 6 193 salles de cinéma françaises sont invitées dans une charte à éteindre leurs enseignes en dehors des heures d’ouverture, réduire la clim, éteindre les projecteurs en dehors des séances ou encore adapter les horaires d’ouverture « en fonction des flux de public ».

Mais aussi, à baisser le chauffage conformément à l’objectif gouvernemental de 19° en intérieur. À ce sujet, la charte (qu’il est possible de consulter ici) propose également de programmer le chauffage en fonction des horaires du cinéma et de l’adapter selon l’occupation des salles car, comme le rappelle Marc-Olivier Sebbag, actuellement, « avec la baisse de 30 % de la fréquentation des salles au niveau national, certaines séances, notamment celles de 11 heures et de 13 heures, se déroulent avec très peu de spectateurs ».

Quid du nombre de séances ?

Les cinémas devront-ils réduire le nombre de séances, notamment les moins fréquentées, pour faire des économies ? Le sujet divise la profession. « Le problème de l’énergie est absolument majeur, tout ce que nous faisons pour reconquérir le public n’a pas d’intérêt si on doit payer des factures monumentales », a souligné Sophie Dulac exploitante de plusieurs cinémas parisiens.

Elle s’interroge : « Est-ce que nous devons continuer à ouvrir nos salles de cinéma pour une ou deux personnes ? Même si j’adore être seule dans une salle de cinéma, sur le plan économique c’est une catastrophe. »

« Si on rentre dans un cercle qui est de dire qu’on ne fait que les séances où on gagne de l’argent, on va continuer à dégrader le nombre de séances », au risque de nuire aux films d’auteur « les plus fragiles », a mis en garde Richard Patry, qualifiant le sujet de « très » délicat.

À plus long terme, les cinémas placent leur espoir dans de nouveaux projecteurs aux lampes laser consommant environ quatre fois moins d’énergie. Un investissement massif pour lequel la ministre de la Culture Rima Abdul Malak a promis d’aider à « construire un plan de remplacement », sans avancer de montant ni de calendrier précis.

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