Au CHU de Rennes, un service d'urgences "à bout" se met en grève

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HÔPITAL - Ils sont ”à bout”. Depuis lundi 15 novembre, le service des urgences du CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine) est en grève illimitée, alors que ses soignants réclament des renforts face à une augmentation importante de patients.

En plus de la cinquième vague du Covid-19 qui pointe à l’hôpital, soignants et syndicats avancent plusieurs causes à cette affluence record, comme la saturation de la médecine de ville, la fermeture récente de services d’urgence de nuit dans les hôpitaux périphériques ou encore le manque de lits, pointé du doigt par un rapport publié en septembre par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).

Comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article, des soignants et aide-soignantes rencontrés sur place par Le HuffPost, lors d’un rassemblement de soutien organisé devant l’hôpital jeudi 18 novembre, ont l’impression de ne plus avoir les moyens nécessaires pour bien exercer leur mission.

On est tout à bout. J'ai des collègues qui craquent. C'est difficile de finir les journées.Antone, infirmier aux urgences

Mercredi, une réunion avec la direction n’avait pas permis de mettre un terme au mouvement. “Les urgences ont obtenu deux postes supplémentaires d’aides-soignants de nuit et un poste de brancardier de jour, alors que le service espérait un poste de nuit. Ça ne peut pas convenir”, a expliqué Nathalie Loinsard, représentante de la CGT, à Actu Rennes. En plus de la “réouverture de lits pérennes” et un “plan massif d’embauche”, la CGT réclame des augmentations de salaire à hauteur de 300 euros pour tous.

Comme souvent dans le milieu hospitalier, cette grève reste symbolique et n’affecte pas l’offre de soins, les soignants pouvant être réquisitionnés pour assurer la continuité du service. Peu d’urgentistes, notamment les médecins, étaient d’ailleurs présents devant l’hôpital ce jeudi. “On ne peut pas abandonner le service. On ne peut pas sortir dehors pour manifester. Donc, c’est très difficile pour nous de se faire entendre”, explique Antoine, infirmier aux urgences.

Malgré tout, plusieurs dizaines de leurs collègues hospitaliers également en grève ce jeudi (psychologues, infirmiers anesthésistes, techniciens supérieurs hospitaliers et techniciens hospitaliers) sont venus soutenir le mouvement. Celui-ci se poursuit ce vendredi.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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