Au Chili, ces mères à la recherche de leur bébé volé sous la dictature de Pinochet

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Au Chili, sous la dictature de Pinochet, quelque 25.000 enfants ont été arrachés à leurs parents et adoptés de manière irrégulière, avec l'aval de l'administration. Désormais, les tests ADN permettent de réunir certaines familles, parfois après un demi-siècle de séparation.

Dans un quartier modeste de la commune de Pudahuel, à l’ouest de Santiago, la capitale chilienne, Sonia Molina habite seule dans sa petite maison. Assise sur son canapé dans le salon, cette femme de 63 ans a beaucoup de mal à retenir ses larmes en pensant à l’enfant qu’on lui a volé alors qu’elle était toute jeune. "Chaque jour, j’ai pleuré pour ma fille, je la voyais dans mes rêves, elle venait vers moi. Toute ma vie, j’ai pleuré pour elle", témoigne-t-elle Europe 1. Sonia avait 14 ans seulement quand elle a eu sa première fille, en 1971. Un jour, celle-ci a définitivement disparu, adoptée par un couple de Suédois sans son accord.

25.000 enfants "volés"

Elle fait partie des quelque 25.000 enfants qui ont été mis en adoption de manière totalement illégale au Chili sous la dictature de Pinochet, entre 1973 et 1990. Les parents adoptifs venaient des États-Unis ou d’Europe, étaient prêts à débourser des sommes très importantes pour trouver un enfant. Au total, 18 pays sont concernés. C’est un média d’investigation chilien qui a dévoilé l’ampleur du phénomène en 2014. Des assistantes sociales, des médecins, des juges ou encore des prêtres ont participé à ce vaste système.

Environ 600 dénonciations ont d’ores et déjà été faites auprès de la justice. Mais le recours aux tests ADN est en passe de réécrire l'Histoire, permettant à certaines familles de se réunir.

Sonia, elle, avait accouché à Santiago avant de s'installer dans le sud du pays. "J’ai dû mettre ma fille en pension pour ...

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