Au Cameroun, le vote s'est déroulé dans le calme, mais sans grande affluence

Les Camerounais élisent, ce dimanche 9 février, leurs députés et conseillers municipaux. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti du président Paul Biya est donné favori, d'autant plus qu'une partie de l'opposition, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a appelé au boycott de ces municipales et législatives. Le vote a débuté dans le calme.

À Yaoundé, la plupart des bureaux de vote ont ouvert à 8h00, ce dimanche matin, avec le centre de vote du lycée Leclerc qui est le plus grand de la capitale. 21 bureaux de vote ont été recensés. Le premier électeur a été enregistré cinq minutes à peine plus tard, rapporte notre correspondant à Yaoundé,Polycarpe Essomba.

Pour ce qui est de l’affluence spécifiquement, elle diverge d’un bureau à un autre, beaucoup d’électeurs ayant fait le choix, comme à Douala, d’aller d’abord dans divers lieux de culte. Par conséquent, à la mi-journée, la participation était très globalement moyenne.

Au registre des incidents, pas grand-chose à signaler, si ce n’est peut-être le cas de ces quelques électeurs qui ne retrouvent pas leur nom sur les listes électorales qui sont affichées à l’entrée des bureaux de vote.

Les deux régions anglophones fortement sécurisées

Dans les deux régions anglophones de l'ouest du Cameroun - on sait que les séparatistes ont ouvertement menacé de s'en prendre aux électeurs qui se rendraient aux urnes - là aussi, pas de gros incidents à signaler, pour l’instant dans ces régions. Les opérations de vote s’y déroulent tant bien que mal avec cependant une timidité encore plus prononcée que dans le reste du pays. Il faut dire que les pouvoirs publics y ont déployé militaires, gendarmes et policiers en grand nombre pour sécuriser le vote.

À Bamenda où a voté le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, le gouverneur de la région a sillonné la ville tôt, ce dimanche matin, par hélicoptère pour s’assurer que tout se déroulait plutôt bien.

Dans la localité de Mbenguè, en revanche, on a signalé que des tirs sporadiques avaient été enregistrés tôt dans la matinée, mais le calme est depuis revenu. Il en va de même dans le Sud-Ouest, dans la région de Buea.

« On ne peut pas voter au milieu d'une guerre »

À Douala, ville considérée comme le bastion du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, principale force de l'opposition dirigée par Maurice Kamto, le vote a commencé dans le calme, mais sans grande affluence, selon notre envoyée spéciale, Florence Morice qui s’est rendue dans une dizaine de bureaux de vote.

Au lycée Bepanda, centre de vote réputé proche de l’opposition où quinze bureaux ont été installés, à peine une dizaine avait voté, à 9h00, sur environ 4 000 inscrits. Néanmoins, les superviseurs restaient confiants, expliquant que les habitants viendraient après le culte.

« On ne peut pas voter au milieu d’une guerre quand nos frères sont en train de mourir », nous a expliqué un jeune chômeur à l’extérieur du lycée, en référence au conflit qui déchire les régions anglophones. D’autres électeurs promettaient d’y aller plus tard dans la journée, avec l’espoir que la nouvelle loi de décentralisation, adoptée en début d’année, serait appliquée et que les autorités locales auraient bientôt plus d’autonomie.

Affluence légèrement supérieure dans le lycée Joss,  situé dans un quartier administratif où votent de nombreux militaires et fonctionnaires. A 10h00, le premier bureau avait ici enregistré une trentaine d’électeurs sur 400 inscrits dont le gouverneur, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua. Ce dernier a insisté sur les mesures de sécurité renforcée: « une sécurité en tenue mais aussi en civil pour dire que toute personne qui croirait être libre de poser un acte déplacé, se verrait rapidement rattrapée », a-t-il déclaré après avoir voté.

Rues désertes

A Douala les rues sont quasiment désertes et les boutiques sont fermées. Des véhicules de police sillonnent la ville. Ils sont intervenus, ce dimanche matin, pour disperser un match de football devant le lycée Bepanda ainsi que dans plusieurs marchés, selon des témoins, pour demander à des vendeuses d’arrêter leur activité, le temps du vote.

Les bureaux de vote pour ces élections législatives et municipales camerounaises sont censés fermer à 18h00, heure locale.