Au Cambodge, des peines de prison ferme pour les opposants politiques

Photo STAFF / REUTERS

Trente et un militants de l’opposition ont été condamnés à des peines de prison comprises entre six et neuf années dans le cadre d’un procès de masse, indique le site Internet VOD, tandis que vingt autres accusés ont bénéficié d’une peine avec sursis, lors de l’énoncé du verdict mardi 14 juin au tribunal de Phnom Penh.

Des bagarres ont eu lieu devant le tribunal au moment où la police a emmené en détention l’avocate des droits de l’homme américano-cambodgienne Chan Theary, condamnée à six ans de prison.

La cour a également prononcé des mandats d’arrêt à l’égard de représentants du Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC), en particulier les dirigeants Sam Rainsy et Mu Sochua, qui vivent actuellement à l’étranger. Ils ont également été condamnés à huit ans de prison. Une peine qui vient s’ajouter à une condamnation précédente à vingt ans de prison pour attaques contre l’État.

Une opposition dans le collimateur depuis 2017

À l’annonce du verdict, Heng Chan Sothy, Kam Komphear et Tum Bunthorn, tous trois condamnés, ont levé les bras et crié : “Bravo au Parti de la bougie”, en référence à la renaissance récente de cette formation politique incarnant l’opposition depuis l’interdiction en 2017 du PSNC. Le Parti de la bougie a d’ailleurs remporté quelques communes lors des élections communales récentes malgré un climat politique très tendu et des intimidations.

Prum Chantha, la femme de Kam Komphear, a été traînée sur le sol par la police alors qu’elle participait à une manifestation devant le tribunal, raconte VOD. Prum Chantha criait :

“C’est une injustice. Six ans ! Je pleure, mais cela ne signifie pas que je suis choquée ou abattue. Je pleure d’avoir le sentiment d’être maltraitée. Je me demande pourquoi des Cambodgiens maltraitent ainsi leurs concitoyens.”

Ce dossier remonte à février 2019, rappelle VOD, quand Sam Rainsy, ancien dirigeant du PSNC, le parti d’opposition interdit deux années auparavant, a tenté de revenir au Cambodge.

La justice reproche aux accusés d’avoir participé à l’organisation de ce retour et d’avoir rassemblé du monde pour accueillir Sam Rainsy, opposant historique au Premier ministre Hun Sen.

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