Au Burkina Faso, le cinéma en salles renaît après des années de désert

Libération.fr
Projection d'un documentaire lors du Festival panafricain du cinéma et de la télévision (Fespaco), le 28 février à Ouagadougou.

La réhabilitation d'une ancienne salle et l'inauguration d'une nouvelle financée par Canal + témoigne d'un nouvel intérêt dans plusieurs pays africains pour la découverte des films, non plus seulement en ligne ou en DVD.

«Quand j’étais enfant, on n’avait pas les moyens de payer la place, alors on montait dans les branches pour voir les films.» Ali Mouhamat Diané est pris de nostalgie en repensant au cinéma Guimbi, la salle en plein air qui jouxte sa cour du quartier de Koko, à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso). L’enseignant se souvient que ses camarades le «suppliaient» de le laisser accéder aux manguiers alors que «nos petits frères guettaient que la police ne vienne pas nous chasser».

Depuis 2005, le son des génériques qui berçait ses nuits s’est tu. Comme de nombreuses salles à travers l’Afrique francophone, le cinéma a fermé. Mais depuis un an, la poussière s’élève derrière la cour où ronronne une bétonneuse. La salle est en réhabilitation. Comme tout le quartier, Ali Mouhamat Diané attend l’ouverture «avec impatience».

Le cinéma victime du piratage et de la pression du FMI

A l’origine de ce projet local, le réalisateur helvéto-burkinabé Berni Goldblat, frustré que sa ville ne compte plus une seule salle. Bobo-Dioulasso, un million d’habitants, est pourtant la deuxième ville du Burkina, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest qui s’enorgueillit d’accueillir en ce moment le Festival panafricain du cinéma et de la télévision (Fespaco), le plus riche festival de cinéma africain.

Comme dans toute la sous-région, la percée de la télévision, des cassettes VHS puis des films piratés ont entamé la fréquentation des salles. Mais avant tout, pointe Berni Goldblat, les cinémas ont été victimes «de la période d’ajustements structurels de la banque mondiale et du FMI qui mettaient la pression sur les Etats africains pour qu’ils se débarrassent des entreprises publiques, soi-disant non rentables. La culture a fait partie de ces plans, notamment les salles de cinéma». (...)

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