Au Brésil, Lula limoge le chef de l’armée, après les incidents de Brasilia

Le président brésilien Lula, ici prenant la parole lors d'un événement dans le bidonville d'Héliopolis, à Sao Paulo au Brésil, le 21 avril 2022.
Carla Carniel via Reuters Le président brésilien Lula, ici prenant la parole lors d'un événement dans le bidonville d'Héliopolis, à Sao Paulo au Brésil, le 21 avril 2022.

BRÉSIL - Conséquence directe des attaques survenues il y a deux semaines contre les principaux lieux de pouvoir de Brasilia, le président brésilien Lula a décidé de limoger le chef de l’armée, Julio César de Arruda ce samedi 21 janvier, ont annoncé à l’AFP des sources au sein des forces armées.

Depuis le 30 décembre, deux jours avant la fin du mandat du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, Julio César de Arruda assumait la fonction de chef de l’armée par intérim et avait été confirmé au poste par la nouvelle administration du président élu, Luiz Inacio Lula da Silva. Quelques jours plus tard, plus de 4 000 partisans de l’ancien président Jair Bolsonaro avaient semé le chaos à Brasilia, envahissant et saccageant le palais présidentiel, le Congrès et la Cour suprême.

Julio César de Arruda sera remplacé par le commandant militaire du sud-est, Tomas Ribeiro Paiva, selon GloboNews. Ce dernier avait affirmé dans un discours public mercredi que l’armée continuerait « à garantir la démocratie ». « C’est le régime du peuple, de l’alternance au pouvoir. C’est le vote. Et lorsque nous votons, nous devons respecter le résultat des urnes », avait-il déclaré, selon une vidéo publiée par le site d’informations G1.

Le défi de Lula

Julio César de Arruda avait participé vendredi à la première rencontre de Lula avec les chefs militaires, au sortir de laquelle aucun n’avait fait de déclaration. Les chefs militaires « acceptent » que des sanctions soient prises contre les membres des forces armées impliqués dans les émeutes, avait toutefois dit à l’issue de cette réunion le ministre de la Défense, José Mucio, soulignant cependant que les participants à la rencontre n’avaient pas évoqué à proprement parler les émeutes.

Le ministre avait aussi avancé qu’il n’y avait pas eu d’« implication directe » de l’armée dans les émeutes à Brasilia. Une question sur laquelle Lula risque de passer de nombreuses heures, surtout que la relation avec les forces armées est l’un des plus grands défis immédiats du président brésilien selon les analystes qui soulignent l’importante présence de militaires au sein de l’administration précédente.

Le dirigeant de gauche a entamé une « révision profonde » dans l’appareil militaire au service de l’exécutif après avoir exprimé sa méfiance à l’égard de certains membres chargés de sa sécurité. Au total, 53 d’entre eux ont été renvoyés cette semaine dont treize faisaient partie du Cabinet de la sécurité institutionnelle (GSI), une instance gouvernementale chargée d’assister le chef de l’État dans sa politique de sécurité nationale et de défense.

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