Au Brésil, la gestion catastrophique du coronavirus révèle des inégalités profondes

Marcella Fernandes
Des sans-abri font la queue pour obtenir des vivres devant un centre de dépistage, à São Paulo.

SÃO PAULO et BRASÍLIA – Le Brésil a dépassé l’Italie en nombre de morts liés au coronavirus jeudi 5 juin, après que le ministre de la Santé du pays a annoncé 1437 décès supplémentaires au cours des vingt-quatre heures précédentes. Ce chiffre glaçant a été communiqué avec trois heures de retard, trop tard pour paraître dans les bulletins d’informations du soir.

Depuis samedi après-midi, le Brésil fait état de 34021 décès liés au coronavirus, ce qui le place derrière les États-Unis et le Royaume-Uni en nombre de victimes. Avec 30.925 nouveaux cas confirmés enregistrés jeudi, le nombre total de personnes infectées s’élève désormais à 614.941, hissant le pays à la deuxième place mondiale, juste derrière les États-Unis.

Mais les experts considèrent que ce chiffre est largement sous-évalué, du fait d’un dépistage insuffisant.

Bolsonaro minimise le coronavirus

Depuis le début de la pandémie, le président brésilien, Jair Bolsonaro, minimise l’importance du coronavirus en critiquant les mesures de distanciation physique et en appelant les gouvernements régionaux à lever les restrictions pour sauver l’économie.

“Nous allons tous mourir un jour”, déclarait-il mardi devant son peuple. Pourtant, le coronavirus n’affecte pas tous les Brésiliens de la même manière. Loin de là.”

Des mesures de prévention au dépistage, en passant par l’accès aux soins et le nombre de victimes, le virus affecte bien davantage les plus pauvres et les plus vulnérables.

D’après les chiffres officiels du ministère de la Santé, le nombre de décès liés au coronavirus est plus élevé dans le nord et le nord-est, des régions où le PIB par habitant est bien plus bas que dans le reste du pays.

Dans sept régions de l’État de l’Amazonas, dans le nord – qui inclut Manaus, la capitale –, on dénombre environ 300 morts pour un million d’habitants. Parmi les capitales, Belém, dans l’État de Pará, a le taux le plus élevé: on y compte 1016 morts pour un million d’habitants. São Luís et Recife sont elles aussi durement...

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