Au Brésil, la couleur de peau est une question de choix

Photo Emma Monteiro da Rocha

Au Brésil, on est parfois amené à déclarer sa couleur de peau, sa race. Par exemple, pour le recensement décennal en cours, organisé par l’IBGE, l’Insee local. Ou pour l’entrée à l’université, afin de bénéficier éventuellement des quotas de discrimination positive réservés aux Noirs, aux métis et aux Indiens. Les candidats aux prochaines élections doivent aussi déclarer leur couleur de peau, que ce soient pour les postes de gouverneur, de député ou de sénateur.

Classification

Il y a des règles du jeu établies depuis longtemps. Le principe de base incontournable est l’autodéclaration. On choisit sa couleur. Mais dans un cadre prédéfini. L’IBGE a déterminé les catégories à choisir : Blanc, “pardo” (“marron”, pour métis), Noir, Jaune et “indigène” (Indien). Une étude avait demandé aux Brésiliens de définir la couleur de leur peau : elle a obtenu 136 réponses différentes, toutes plus poétiques les unes que les autres ! Il a bien fallu simplifier.

Il y a débat sur la catégorie et le terme “pardo”, peu employé dans la vie courante. Mais il traduit la réalité du grand métissage qu’est le Brésil. Car on compte dans cette catégorie “pardo” non seulement les “mulatos” (“mulâtres”) – Blanc et Noir – mais aussi les “caboclos” ou “mamelucos” – Blanc et Indien – et les “cafuzos” – Noir et Indien… et tous les autres mélanges possibles existant au Brésil, se multipliant au fil du temps !

Un pays métis

La dernière estimation, à partir d’un échantillon, indique pour tout le Brésil 47 % de “pardos”, 43 % de Blancs, 9 % de Noirs et 1 % de Jaunes et d’Indiens. Cette catégorie de “pardos” est devenue majoritaire et ne cesse d’augmenter. L’une des raisons est que désormais de nombreux Brésiliens revendiquent fièrement leur couleur de peau, alors qu’auparavant ils préféraient se déclarer “blancs” car c’était, à leurs yeux, plus valorisant et moins discriminant. Un autre point mérite d’être souligné : même s’il n’y a plus aujourd’hui que peu d’“indigènes”, la composante indienne est fondamentale dans le métissage brésilien, tout autant que l’africaine. C’est particulièrement évident dans le Nordeste.

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