Au Brésil, Bolsonaro conteste le résultat de la présidentielle

UESLEI MARCELINO/REUTERS

Jair Bolsonaro ne s’avoue pas vaincu. Bien que la victoire de Lula ait déjà été ratifiée, la formation du président brésilien sortant, le Parti libéral (PL), a demandé mardi 22 novembre au Tribunal supérieur électoral (TSE) l’annulation des voix provenant de plus de 280 000 urnes électroniques, affirmant que des “dysfonctionnements” auraient faussé les résultats.

Selon un décompte réalisé par le PL, l’invalidation de ces voix donnerait la victoire au leader d’extrême droite, qui remporterait l’élection avec 51 % des voix, rapporte le Rio Times. Soit pratiquement l’inverse du résultat officiel (50,9 % pour Lula, 49,1 % pour le président sortant).

L’annulation d’une partie des voix obtenues le 2 octobre aurait toutefois un impact sur les législatives organisées le même jour que la présidentielle avec les mêmes urnes, remportées par le PL de Jair Bolsonaro. En demandant l’invalidation des votes électroniques sur ces machines, “le parti court donc le risque de se nuire à lui-même”, remarque O Globo. Le quotidien brésilien rappelle par ailleurs que “les modèles d’urne contestés sont les mêmes que ceux utilisés lors des élections de 2018, lorsque Bolsonaro avait été élu président”.

“Aucune chance d’aboutir”

En coulisses, les fidèles alliés de Jair Bolsonaro admettent de toute façon volontiers que ce recours n’a “aucune chance d’aboutir”, note Bruno Boghossian, journaliste au Folha de São Paulo. “L’idée de demander au tribunal d’annuler une partie des votes au second tour n’est en fait qu’une tentative de donner un vernis politique à de faux soupçons de fraude et d’encourager de nouvelles manifestations dans les rues”, estime-t-il.

“Le rejet probable de la demande du PL devrait être vendu comme une preuve de la prétendue mauvaise volonté du Tribunal supérieur électoral envers Bolsonaro et de son désintérêt pour les enquêtes”, poursuit Bruno Boghossian.

“En utilisant les tribunaux pour agiter les rues”, les partisans de Bolsonaro participent à la même “organisation criminelle que celle qui campe devant les casernes, appelle à une dictature militaire, bloque la circulation sur les autoroutes, incendie des camions et travaille à renverser le résultat des élections par la force”, conclut le journaliste.

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