Au Brésil, “le bolsonarisme continuera à vivre”

PHOTO VICTOR MORIYAMA/THE NEW YORK TIMES

Battu d’une courte tête par le candidat de gauche Luiz Inácio Lula da Silva à la présidentielle brésilienne du dimanche 30 octobre, avec 49,1 % des voix, contre 50,9 %, le dirigeant sortant, Jair Bolsonaro, devrait continuer à influencer la vie politique du pays. C’est en tout cas le souhait de ses alliés, qui “espèrent pouvoir compter sur [lui] en tant que voix de la droite conservatrice” du Brésil, croit savoir le site Poder360.

Cette droite est sortie victorieuse du scrutin général : parmi les gouverneurs des 27 États de la fédération, que les Brésiliens étaient aussi appelés à élire, au moins 14 ont apporté leur soutien au président d’extrême droite, dont le Parti libéral (PL) est par ailleurs devenu la première force politique du Congrès.

Même si le président d’extrême droite n’assumera pas de leadership une fois qu’il aura quitté le pouvoir, le 1er janvier prochain, une telle performance “montre que le bolsonarisme continuera de vivre dans les prochaines années”, estime BBC News Brasil. Ce camp politique se caractérise par la défense des valeurs traditionnelles, un discours sécuritaire très musclé et un rejet du Parti des travailleurs (PT) de Lula, tenu pour responsable de la corruption endémique au Brésil, explique un politologue au site.

Nouveau paradigme politique

Le mouvement bénéficie également d’une importante “structure de communication” qui passe par “les réseaux sociaux, des chaînes de télévision” et “les églises évangéliques”. Pour une anthropologue interrogée par le site, le bolsonarisme représente même “un nouveau paradigme de la politique”, au “biais antidémocratique”. Elle ajoute :

“Le bolsonarisme est un phénomène qui transcende la figure de Jair Bolsonaro.”

Dans les colonnes de Folha de São Paulo, le politologue Miguel Lago explique que le président sortant a su comme personne articuler “un nouvel environnement de communication”, dans lequel “la connaissance a été remplacée par l’opinion”, et des groupes à l’influence politique et culturelle croissante, ceux des chrétiens néopentecôtistes et de l’agrobusiness, et a pu compter sur un vote “identitaire” : “Tant que ces forces seront les identités prépondérantes du pays, le bolsonarisme continuera de dicter le rythme de la politique.”

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