Au Bénin, des législatives pour tourner la page

Photo Charles Placide Tossou/REUTERS

Ce dimanche 8 janvier 2023, plus de 6,5 millions d’électeurs béninois étaient appelés aux urnes pour désigner leurs représentants à l’Assemblée nationale. Sept partis, dont quatre de la mouvance présidentielle et trois se réclamant de l’opposition, sont en lice pour conquérir les 109 sièges en jeu dans les 24 circonscriptions électorales que compte le pays.

Cette forte participation des partis et formations politiques au scrutin tranche très nettement avec les dernières législatives [de 2019], boycottées par l’opposition avec pour résultat une Assemblée nationale monocolore.

Même si toutes les formations politiques ne prennent pas part à la compétition, l’on peut se risquer à dire que c’est un scrutin quasi inclusif qui est intervenu après une campagne apaisée, malgré la menace terroriste. C’est sans doute la raison pour laquelle les Béninois n’ont pas boudé leur plaisir d’aller s’acquitter de leur devoir civique en prenant d’assaut dès 6 heures les bureaux de vote.

La pression est maintenant du côté de l’autorité chargée du processus électoral, notamment la Commission électorale nationale autonome (Cena), qui doit mettre un point d’honneur à réussir une élection propre et transparente pour barrer la route à toute contestation qui pourrait entacher la crédibilité du scrutin.

Un test grandeur nature

Cela dit, ces législatives sont d’un enjeu capital pour les partis de l’opposition béninoise qui, après cinq ans d’absence sur les listes électorales, renouent avec les urnes. Il s’agit non seulement de mesurer véritablement leur poids sur la scène politique nationale, mais aussi de se donner tout le poids et la légitimité nécessaires pour prendre le relais du président Patrice Talon qui a engagé, en 2021, son dernier mandat.

C’est dire si ce scrutin constitue pour les opposants béninois un test grandeur nature. Du côté de la majorité présidentielle, l’enjeu n’en est pas moins important. Car il s’agit pour elle de parvenir à se maintenir pour permettre d’abord au président de disposer de tout le confort pour terminer les grands chantiers de son dernier mandat et aussi de préparer la succession de Talon en son sein. Qui donc des deux camps l’emportera ?

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