Au 100e jour de l'invasion russe, les combats et les évacuations se poursuivent dans l'Est

Cela fait désormais 100 jours que la Russie a commencé son invasion de l'Ukraine. Aujourd'hui, près de 20 % du territoire a été conquis par Moscou, soit près de 125 000 km2, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Si les troupes russes se concentrent sur l'Est du pays, elles ont aussi avancé dans le sud, le long des mers Noire et d'Azov, contrôlant désormais un corridor côtier stratégique reliant l'est russe à la Crimée.

Après l'échec de leur offensive-éclair pour faire tomber le gouvernement de Kiev, les forces russes se concentrent sur la conquête du Donbass où se joue désormais "une guerre d'usure", selon les mots de Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Otan, qui s'exprimait jeudi depuis Washington.

"Les guerres sont par nature imprévisibles, et nous devons donc simplement être préparés pour le long terme, car ce que nous voyons, c'est que cette guerre est maintenant devenue une guerre d'usure, où les Ukrainiens paient un prix élevé pour avoir défendu leur propre pays sur le champ de bataille", a déclaré le secrétaire général de l'alliance Atlantique.

"La responsabilité de l'OTAN est d'aider et de soutenir l'Ukraine à faire respecter son droit à l'autodéfense. Dans le même temps, l'OTAN a également la responsabilité d'empêcher que cette guerre ne s'intensifie pour devenir une guerre à part entière entre la Russie et l'OTAN", a-t-il ajouté, après une rencontre avec le président américain.

Les enfants particulièrement vulnérables, selon l'Unicef

La guerre a également fait plus de 6 millions d'exilés et 8 millions de déplacés internes en Ukraine. Des évacuations qui se poursuivent, comme à Sloviansk, ville de l'est du pays, privée d'eau et d'électricité. Une centaine de personne a quitté la ville jeudi, et les autres sont appelées à suivre. Mardi, une frappe aérienne avait fait trois morts et six blessés.

Le conflit impacte particulièrement les enfants, prévient l'Unicef dans un nouveau rapport. Trois millions d'enfants ukrainiens et plus de 2,2 millions d'enfants dans les pays accueillant des réfugiés ont aujourd'hui besoin d'une aide humanitaire, selon l'organisation, et près de deux enfants sur trois ont été déplacés par les combats. Au moins 262 auraient été tués et 415 blessés dans des attaques depuis le 24 février.

Marioupol bis ?

Les dirigeants ukrainiens ont ces derniers jours accusé Moscou de vouloir faire de Severodonetsk un "nouveau Marioupol". Ce port stratégique sur la mer d'Azov, conquis mi-mai après la reddition de plus de 2 000 combattants ukrainiens qui s'étaient retranchés dans l'aciérie Azovstal, a été largement détruit par le pilonnage russe.

La pression russe reste également importante sur Donetsk, l'autre région du Donbass, notamment Sloviansk, à quelque 80 km à l'ouest de Severodonetsk. Les habitants de la région manquent notamment de gaz, d'eau et d'électricité, selon Kiev.

L'Ukraine attend des livraisons de systèmes de lance-missiles plus puissants promis par le président américain Joe Biden, en espérant que cela change le rapport de force sur le terrain.

La Russie a affirmé jeudi avoir stoppé l'afflux de "mercenaires" étrangers voulant combattre aux côtés de l'armée de Kiev, à force de leur infliger de lourdes pertes ces dernières semaines.

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