Attention à ces générateurs de blagues parfois utilisés pour diffuser des infox

·3 min de lecture

Véritable volonté de tromper ou simple blague ? La capture d'écran d'un prétendu article de presse annonçant que "la Nasa avoue avoir tourné le voyage sur la lune en studio", a été partagée plusieurs centaines de fois depuis le 8 novembre sur Facebook. Mais il s'agit d'un nouvel exemple de l'utilisation d'un générateur de canulars en ligne, qui induit régulièrement en erreur des internautes.

"Coup de tonnerre sur les réseaux sociaux, les séjours lunaires ont étés tourné (sic) en studio, à Hollywood; indique la Nasa sur leur compte Twitter", peut-on lire sur la capture d'écran diffusée sur Facebook.

Capture d'écran réalisée sur Facebook le 10 novembre 2021

Cinquante-deux ans après la mission Apollo 11, la Nasa aurait donc confirmé l'une des théories conspirationnistes les plus populaires de l'Histoire. Dans les commentaires, certains internautes se réjouissent ("On le savait mais c'est bien") tandis que pour d'autres, le doute plane : "J'ai l'impression que c'est encore une fausse joie... Je n'arrive pas à trouver la dite déclaration ni sur Twitter ni ailleurs..."

L'article, mis en ligne le 5 novembre selon la capture d'écran, annonce effectivement tenir son scoop du compte twitter officiel de la Nasa. Il précise par ailleurs qu'une conférence de presse aura lieu le 6 novembre pour donner "plus de précisions". Mais rien, ni sur les différents réseaux sociaux de l'agence spatiale américaine, ni sur le site de la Nasa, ni dans les médias, ne permet de recouper cette affirmation.

Et pour cause, il s'agit d'un nouvel exemple de l'utilisation d'un générateur en ligne de blagues, induisant régulièrement en erreur des internautes. En tapant le titre de l'article dans un moteur de recherche, il est possible de retrouver son origine sur le site actualite.co.

"Site de divertissement"

Annonce de prise d'otages, rappeur célèbre décédé, tentative d'enlèvement d'enfant : des sites comme actualite.co ou en-bref.fr permettent en quelques clics de produire un canular et d'en faire ensuite une capture d'écran avant de la diffuser les réseaux sociaux pour "piéger tous (s)es amis".

Capture d'écran réalisée sur le site actualite.Co le 10 novembre

Ces deux sites s'identifient dans leur partie "A propos" comme des "sites de divertissement" dont les histoires ne devraient pas "servir de source d'information". Mais la confusion naît quand une capture d'écran diffusée sur Facebook ne permet pas de retrouver la mention de cette origine humoristique.

Le plus souvent, les fautes d'orthographes dans le texte, l'image utilisée pour illustrer "l'article" ou l'aspect totalement farfelu de la fausse nouvelle trahissent le sérieux de la publication aux yeux des internautes. Toutefois, certains faussaires se donnent davantage de mal et réussissent à induire en erreur.

Dès les premiers mois de sa création fin 2017, l'AFP Factuel avait vérifié une fausse information circulant sur de nombreux sites, provenant de l'un de ces générateurs et annonçant l'interdiction de circuler en France dans des voitures d'avant 1997.

Capture d'écran réalisée sur le site actualite.co le 10 novembre 2021

Comme le relevaient également nos confrères de 20Minutes en 2018, "à côté de ces 'blagues', des utilisateurs se servent de ce site pour relayer des intox nées ailleurs", comme l'injection de micropuce chez des nouveaux nés ou celui de la vente de riz en plastique.

Comment se protéger ?

La première étape de la vérification consiste en général à remonter à la source. Un simple copié-collé d’un paragraphe de cette capture d'écran dans un moteur de recherche permettait de voir qu'elle a été effectuée sur un générateur de blagues.

Une technique qui fonctionne également pour les citations inventées prêtées à des hommes ou femmes politiques tirées de sites parodiques. Un passage par les rubriques "qui sommes-nous/ à propos" des sites, permettent en général de s'en rendre compte.

Si un propos est attribué à une personne ou une organisation, il faut essayer de retrouver une source fiable (enregistrement audio ou vidéo…) ou faisant autorité (compte sur les réseaux sociaux, site internet ou communiqué officiel) pour vérifier que cette personne ou cette organisation a bien fait cette annonce.

Dans le cas où c'est une image qui paraît douteuse, on peut utiliser la recherche d'image inversée pour tenter d'en trouver l'origine :

Et pour davantage de techniques, nous vous invitons à vous rendre sur notre page consacrée aux outils de base pour débusquer les infox.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles