Attentats à Paris : le point sur l'enquête

Deux des auteurs des attentats de Paris et Saint-Denis ont été identifiés, ce qui porte à cinq le nombre d'assaillants et kamikazes identifiés à ce jour. L'un d'eux faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international dans un dossier de terrorisme, a annoncé ce lundi le procureur de Paris.
               
Le premier est un des kamikazes qui s'est fait sauter près du Stade de France vendredi soir et à proximité duquel a été retrouvé un passeport syrien dont l'authenticité reste à vérifier. Les empreintes de cet homme correspondent toutefois à celles relevées en Grèce lors d'un contrôle en octobre 2015, a précisé François Molins dans un communiqué.
               
Le second était au nombre des assaillants de la salle de spectacles du Bataclan : il s'agit de Samy Amimour, né le 15 octobre 1987 à Paris, et originaire de Drancy (Seine-Saint-Denis). "Il est connu de la justice anti-terroriste pour avoir été mis en examen le 19 octobre 2012 pour association de malfaiteurs terroriste (projet de départ avorté vers le Yémen) et placé sous contrôle judiciaire", a indiqué le parquet.
               
Il est apparu en violation de son contrôle judiciaire à l'automne 2013 et un mandat d'arrêt international a alors été délivré, ajoute le parquet. Trois personnes de son entourage familial ont été placées lundi matin en garde à vue, a ajouté le procureur.





12 personnes en garde à vue

Au total, 12 personnes étaient en garde à vue dimanche après-midi dans le cadre de l’enquête sur les terribles attentats qui ont visé Paris vendredi 13 novembre. Parmi elles, sept sont actuellement entendues en France. Il s’agit de proches du seul kamikaze identifié jusqu’ici, Ismaël Omar Mostefaï, originaire de Courcouronnes, dans l’Essonne. Son père, son frère et la femme de ce dernier ont notamment été interpellés mais il semble que le djihadiste n’avait plus de lien avec sa famille.

La piste belge

Les sept autres personnes actuellement entendues dans le cadre de l’enquête ont été interpellées à Molenbeek, dans l'agglomération de Bruxelles. Selon le bureau du procureur fédéral de Belgique cité par la RTBF, deux des auteurs des attentats venaient de Bruxelles. 

Trois frères sont impliqués dans les attaques. L'un est mort vendredi soir, le deuxième est en garde à vue en Belgique, sans que l'on sache s'il a participé ou non aux fusillades, et les services antiterroristes sont sans nouvelles du troisième. Il pourrait être l'un des kamikazes ou être en fuite.

La Belgique a ouvert une enquête antiterroriste. Par ailleurs, une voiture retrouvée près de la salle de spectacle du Bataclan à Paris, avait été louée en Belgique. 

Une voiture et des kalachnikovs retrouvées

Samedi soir, la police a retrouvé uen voiture de marque Seat, vraisemblablement utilisée par l’un des commandos terroriste. De marque Seat, elle était garée dans un rue de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. A l’intérieur, ont été découvertsplusieurs fusils d'assaut kalachnikov. Elle était immatriculée en Belgique.

De même, une Volkswagen Polo louée en Belgique a été découverte à proximité du Bataclan.

Qui était Ismaël Omar Mostefaï, l’un des kamikazes identifié ?

Agé de 29 ans, il vivait ces dernières années à Chartres (Eure-et-Loire). Il a été identifié par ses empreintes, grâce à un doigt sectionné retrouvé au Bataclan, où se tenait un concert rock lors de l'irruption des djihadistes.
Il était connu des services de renseignements pour sa radicalisation. Son casier judiciaire fait état de huit  condamnations pour des faits de "délinquance de droit commun", mais il n'avait jamais été incarcéré. Selon une source proche de l'enquête, Omar Ismaïl Mostefaï fréquentait assidument la mosquée de Lucé, en Eure-et-Loir.

Trois équipes organisées

La coordination des attaques à savoir les explosions au Stade de France lors d'un match international, et les fusillades à Paris laissent peu de doute aux enquêteurs. Le projet a été conçu et préparé pour faire un maximum de victimes. En août dernier, un Français avait été arrêté à son retour de Syrie, où il avait séjourné quelques jours à Raqqa, fief de l'Etat islamique. Il avait évoqué des instructions pour viser une salle de concert.

Qui sont les kamikazes ?

Un passeport syrien a été également retrouvé près d'un des auteurs des attaques, au Stade de France, pour lequel des vérifications sont en cours. La "piste syrienne" est l'une des hypothèses de travail des enquêteurs qui vérifient ces éléments en lien avec des services de renseignement étrangers, notamment européens.

Les restes des corps des kamikazes qui se sont fait exploser boulevard Voltaire, au Bataclan et au Stade de France, sont analysés à l'Institut médico-légal (IML). Les enquêteurs espèrent que des traces ADN ou des empreintes exploitables coïncideront avec un fichier d'auteurs d'infractions.

Enquête sur l'entourage

Dans l'enquête sur les précédents attentats de Paris en janvier, un travail sur l'entourage a pu être réalisé en partie sur Amédy Coulibaly, grâce à la téléphonie et à l'ADN, ce qui a abouti à la mise en examen de sept de ses hommes de main, mais aucun n'était directement impliqué dans les attaques de janvier. 

Les enquêteurs ont la conviction qu'Amédy Coulibaly, qui avait agi en coordination avec les frères Kouachi, avait reçu des instructions de l'étranger, probablement de la zone irako-syrienne contrôlée par l'Etat islamique. C'est aussi le cas pour Sid Ahmed Ghlam, arrêté en avril alors qu'il projetait d'attaquer une église à Villejuif. Aujourd’hui, c’est encore une piste qui semble privilégiée par les enquêteurs.

Les investigations en cours

Le parquet de Paris a activé sa cellule de crise permettant de mobiliser tous ses magistrats. Tous les services spécialisés dans l'antiterrorisme sont saisis de l'enquête (SDAT, DGSI et section antiterroriste de la PJ parisienne).

L'état d'urgence, décrété par François Hollande, donne de larges pouvoirs à la police. Les investigations déboucheront à terme sur l'ouverture d'une information judiciaire confiée à des juges antiterroristes. Un appel à témoins a été lancé par la police nationale.

Les contrôles renforcés

Des mesures de sécurité supplémentaires ont également été mises en œuvre à la frontière pour contrôler les voyageurs arrivant de France par la route, le train ou l'avion, a annoncé le gouvernement.
Pays-Bas, Italie, Finlande ont également déclaré un renforcement des contrôles aux frontières. La Russie envisage quant à elle de limiter le trafic aérien entre Moscou et Paris.

Rappel des événements

 
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