INFO M6 – Attentats déjoués : Djebril A. visait un officier

Selon nos informations, Djebril A., ancien militaire âgé de 23 ans, serait le principal instigateur des projets d’attentats déjoués cette semaine. Ex-sémaphore en poste à Fort Béar, situé à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), l’individu aurait eu pour projet de s’attaquer à un officier de la marine de cette base, où les militaires s'entraînent aux interventions urbaines.

Djebril A. aurait en outre été relevé de ses fonctions au sein de la marine nationale pour des problèmes physiques. Il a été interpellé dans une cité de Marseille. Ses voisins sont étonnés d'avoir découvert son profil d'aspirant djihadiste.

Selon nos sources, les projets d’attentats du groupe, pour l’heure assez brouillons, s’échelonnaient sur le long terme et n’auraient pas encore bénéficiés d’une préparation méticuleuse.

Rappel des faits


Toujours selon nos informations, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a procédé, lundi 13 juillet, à l'interpellation de quatre personnes, dans les Bouches-du-Rhône, le Rhône, le Nord et les Yvelines. Outre Djebril, trois de ses complices présumés ont également été interpellés : Ismaël, âgé de 17 ans, a été interpellé dans le Nord. Ce serait lui le "cerveau" du réseau. Autre membre du réseau, Antoine, 19 ans, arrêté dans les Yvelines, et un quatrième, âgé de 16 ans, arrêté dans le Rhône mais qui a très vite été laissé libre.

Un attentat pour janvier 2016 ?

De source proche du dossier, on indique que l'attentat était prévu entre fin 2015 et début 2016.

Les trois hommes toujours gardés à vue, âgés de 17, 19 et 23 ans, répondent depuis lundi aux questions des enquêteurs. Ils ont expliqué qu'ils avaient l'intention de s'en prendre à un officier gradé d'une base militaire du sud de la France, où l'un des suspects, un ancien militaire réformé de la marine nationale, a travaillé. Durant leur garde à vue, ils se sont réclamés du groupe Etat islamique. Ils auraient envisagé de tuer les militaires en postes dans cette base, et d'en décapiter le chef du détachement. Une exécution qu'ils auraient souhaité filmer et publier sur Internet selon une source proche de l'enquête.

En contact avec un djihadiste en Syrie

Les trois hommes seraient rentrés en contact sur Internet, via une application cryptée. Un billet de train retrovué chez l'un d'eux laisse entendre qu'ils auraient envisagé de se rencontrer très prochainement.

Initialement, le trio aurait envisagé de se rendre en Syrie, afin d'y faire le djihad, mais la radicalisation du plus jeune d'entre eux a été signalée par sa famille. Surveillé, le trio aurait alors renoncé à leur départ. Un djihadiste sur place, de nationalité britannique, leur aurait alors conseillé de passer à l'action en France.

Repéré dès octobre 2014

Le principal instigateur a été repéré dès le mois d'octobre 2014 en raison "de son activisme sur les réseaux sociaux et dans le relationnel de djihadistes français aujourd'hui incarcérés", a ajouté Bernard Cazeneuve. L'homme avait été signalé aux autorités en raison de ses velléités de départ en Syrie. Il avait fait l'objet d'un entretien administratif. 

Le ministre de l'Intérieur a précisé qu'il n'y avait pour l'heure aucun lien avec les explosions de cuves à Berre-l’Etang.

"Des actes terroristes auraient pu être produits"

Plus tôt dans la soirée, c'est François Hollande lui-même qui a annoncé, mercredi 15 juillet, que des actes terroristes ont été déjoués cette semaine en France. Une annonce faite en marge d’un déplacement à Marseille, en compagnie du président du Mexique, Enrique Pena Nieto.

François Vignolle et Azzeddine Ahmed Chaouch