Attentats du 13 novembre: deux nouveaux mandats d'arrêt en France

Nathalie ALONSO
Policiers et secouristes dans une rue proche du Bataclan, le 14 novembre 2015 à Paris

Paris (AFP) - L'un est présenté comme un coordinateur depuis la Syrie des attaques de Paris, l'autre a été arrêté en même temps que Salah Abdeslam en Belgique: la justice française a délivré deux nouveaux mandats d'arrêt dans l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015.

Avec ces deux mandats, émis le 28 décembre, quatorze suspects sont désormais visés par la justice en France dans le dossier des attentats les plus meurtriers de ces dernières décennies en France (130 morts), perpétrés par trois commandos venus de Belgique.

Les neuf jihadistes, passés par les rangs du groupe Etat islamique (EI) en Syrie et rentrés en Europe par la route des migrants, sont morts, en kamikazes ou tués dans les assauts des forces de la police.

- Oussama Atar, "émir" de l'EI -

Parent des frères El Bakraoui, deux des kamikazes des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016 (32 morts), Oussama Atar, né le 4 mai 1984, est considéré comme l'un des coordinateurs des attentats qui ont frappé Paris puis la capitale belge. Surnommé "le chimiste", pour ses connaissances d'artificier, le Belgo-Marocain est un vétéran du jihad passé par les geôles américaines en Irak dans les années 2000.

Son rôle ressort notamment à travers le récit de deux hommes arrêtés en décembre 2015 dans un centre de réfugiés en Autriche, Adel Haddadi, un Algérien, et Muhammed Usman, un Pakistanais, tous deux écroués en France.

Les deux hommes avaient débarqué sur l'île grecque de Leros parmi le flot de migrants le 3 octobre 2015, en même temps que deux des trois kamikazes du Stade de France. Ces deux derniers avaient pu continuer leur route, contrairement à l'Algérien et au Pakistanais, trahis par leurs faux papiers et placés en rétention avant d'errer jusqu'en Autriche.

Devant les enquêteurs, les deux hommes ont raconté qu'à Raqa (Syrie) leur "donneur d'ordre", "Abou Ahmed", leur avait remis 3.000 euros chacun et les avait missionnés pour participer à un attentat-suicide avec les deux autres hommes du groupe, selon une source proche du dossier. Dans leur mandat d'arrêt, les juges d'instruction rappellent qu'Adel Haddadi a identifié "Abou Ahmed" sur la photo correspondant à Oussama Atar, selon cette source.

Des conversations exhumées d'un ordinateur jeté dans une poubelle le jour des attentats de Bruxelles viennent éclairer le "rôle central" qu'a joué cet "émir" de l'EI, dans "la préparation d'actions violentes en Europe", selon les enquêteurs belges.

Dans l'un de ces échanges, enregistré à la veille des attentats dans la capitale belge, deux membres de la cellule expliquent à "Abou Ahmed" que leur passage à l'action est précipité en raison de l'étau policier qui se resserre peu à peu, notamment avec l'arrestation de Salah Abdeslam.

Une version démentie par Oussama Atar. Il a nié être "le mentor ou le cerveau des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles", dans une lettre à sa mère reproduite dans la presse belge, sans toutefois faire référence aux attentats de Paris.

- Sofien Ayari, un rôle trouble -

Tunisien né le 9 août 1993, Sofien Ayari a été arrêté le 18 mars 2016 à Molenbeek (Bruxelles) en même temps que Salah Abdeslam, seul membre des commandos parisiens toujours en vie. Son rôle précis reste à déterminer.

Dans leur mandat d'arrêt, les juges d'instruction notent que son ADN et ses empreintes ont été retrouvés dans la plupart des planques utilisées par la cellule jihadiste, selon une source proche du dossier.

Recruté par l'EI lors de son séjour en Syrie, il était rentré en Europe en profitant de la crise migratoire en compagnie de deux autres suspects, Osama Krayem et Ahmad Alkhald, l'un des artificiers de la cellule franco-belge. Les trois hommes avaient été récupérés par Salah Abdeslam dans la nuit du 2 au 3 octobre 2015 à Ulm (Allemagne).

Un autre élément intrigue les enquêteurs. Le matin du 13 novembre, il avait pris un aller simple pour se rendre en bus, avec Osama Krayem, à Amsterdam.

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