Attentat raté près de Notre-Dame: le procès en appel d'Inès Madani s'est ouvert

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Croquis montrant Ines Madani lors de l'audience du 23 septembre 2019 à Paris

Le procès en appel d'Inès Madani, condamnée en première instance à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir tenté de faire exploser une voiture près de Notre-Dame en septembre 2016, s'est ouvert mardi devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Inès Madani, 24 ans, cheveux bruns coiffés en petites tresses et tête baissée dans le box, est rejugée près de cinq ans après cet attentat raté.

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, Inès Madani et une autre jihadiste, Ornella Gilligmann, avaient garé une voiture contenant six bonbonnes de gaz devant des restaurants situés près de Notre-Dame de Paris, en essayant de l'incendier avec du gasoil. Seul le mauvais choix de ce carburant, difficilement inflammable, a permis d'éviter une explosion meurtrière.

Ornella Gilligmann avait été condamnée en octobre 2019 à 25 ans de réclusion, une peine dont elle n'a pas fait appel et qui est donc définitive.

Elle sera toutefois entendue comme témoin au procès en appel, prévu jusqu'au 7 juin.

Lors du premier procès, les deux femmes s'étaient rejeté la responsabilité de cette attaque terroriste, supervisée par Rachid Kassim, propagandiste français du groupe Etat islamique (EI), qui avait multiplié à l'été 2016 les appels à commettre des attentats en France et incité les femmes à s'impliquer dans le jihad.

Après l'attentat raté de Notre-Dame, Inès Madani avait, sous l'impulsion de Rachid Kassim, rejoint deux autres femmes en vue de commettre une nouvelle attaque, Amel Sakaou et Sarah Hervouët, toutes deux définitivement condamnées à 20 ans de réclusion.

Inès Madani avait été interpellée dans un parking le 8 septembre 2016, alors qu'elle se dirigeait, couteau de cuisine à la main, vers un policier, qui a tiré à quatre reprises sur elle et l'a blessée aux jambes.

La personnalité de la jeune femme, âgée de 19 ans au moment des faits et qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, sera au coeur des débats.

Dans un autre dossier, Inès Madani avait été condamnée en avril 2019 à huit ans d'emprisonnement pour avoir incité des candidats au jihad à rejoindre la Syrie ou à commettre des attaques en France et en Belgique, entre mars 2015 et juin 2016.

Pour ce faire, elle n'hésitait pas à contrefaire sa voix et se dissimulait sous des noms de combattants de l'EI masculins, comme Abou Junayd ou Abou Souleyman. C'est sous ce pseudonyme qu'elle avait séduit sur internet plusieurs femmes, dont Ornella Gilligmann, tombée amoureuse de ce personnage fictif.

Seul un autre accusé comparaît au côté d'Inès Madani: Mohamed Lamine Aberouz, qui était fiancé à Sarah Hervouët et qui a fait appel de sa condamnation pour non-dénonciation de crime terroriste.

asl/ito/sr

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