Attentat de Nice : avant le procès, « le héros au scooter » se confie

Le maire de Nice Christian Estrosi décerne la Légion d’honneur à Franck Terrier lors d’une cérémonie commémorative marquant le premier anniversaire de l’attentat de Nice 14 juillet 2017.
VALERY HACHE / AFP Le maire de Nice Christian Estrosi décerne la Légion d’honneur à Franck Terrier lors d’une cérémonie commémorative marquant le premier anniversaire de l’attentat de Nice 14 juillet 2017.

VALERY HACHE / AFP

Le maire de Nice Christian Estrosi décerne la Légion d’honneur à Franck Terrier lors d’une cérémonie commémorative marquant le premier anniversaire de l’attentat de Nice 14 juillet 2017.

JUSTICE - À la veille de l’ouverture du procès des attentats de Nice, l’homme qui avait risqué sa vie pour tenter de s’interposer devant le camion meurtrier revient sur son acte de bravoure.

Pour l’émission Sept à Huit diffusée ce dimanche 4 septembre sur TF1, Franck Terrier a accepté de revenir sur la soirée du 14 juillet 2016. Et six ans plus tard, celui que l’on appelle « le héros au scooter » n’accepte toujours pas ce surnom, même après avoir reçu la Légion d’honneur de la main du président Emmanuel Macron.

Dans cet entretien il revient d’abord sur son geste de pur altruisme pour tenter d’empêcher Mohamed Lahouaiej-Bouhlel de provoquer un massacre sur la Promenade des Anglais. Après avoir pris en chasse le camion alors qu’il était seulement sorti pour manger une glace avec sa femme, Franck se remémore son « plan » pour stopper le terroriste.

« L’idée c’est de jeter mon scooter sous les roues du camion pour le ralentir, je réussis tant bien que mal mais il roule juste sur l’avant du scooter, donc je ne le ralentis pas assez », raconte-t-il. Tombé à terre, il décide de poursuivre à pied et rattrape le camion avant de s’accrocher à la cabine du conducteur.

« La vitre est ouverte et je me bats avec lui », ajoute-t-il, précisant que dans la bagarre aucun des deux hommes n’échange le moindre mot. Assumant ne pas avoir « eu peur » lors de cette course-poursuite, l’homme aujourd’hui âgé de 55 ans garde toutefois des remords de ne pas avoir fait plus.

« Je ne me considère pas comme un héros »

Dans un premier temps, Franck est considéré comme un complice par la police. Mais très rapidement, les forces de l’ordre comprennent la démarche du Niçois. Pour autant, Frank Terrier ne cesse de repenser à cet instant, persuadé qu’il aurait pu mieux faire.

« 86 victimes, tellement d’enfants… Si j’avais peut-être réagi suffisamment à temps, peut-être qu’il y aurait eu moins de morts… Je ne sais pas », estime-t-il. « Avec le recul, non, je ne pouvais pas faire plus, mais on a toujours un sentiment de culpabilité parce qu’il y a eu 86 victimes », finit-il par ajouter.

Il ajoute que ce surnom de « héros au scooter » ne lui convient pas. D’après ce père de famille, « les héros, c’est plutôt les médecins, les pompiers, les infirmières, les policiers, mais moi je ne me considère pas comme un héros du tout ».

Le fardeau de cet événement a d’ailleurs conduit l’employé de la mairie de Nice à penser au suicide. Le 10 octobre 2019, le raid est appelé à son domicile. Retrancher seul chez lui, Franck avait prévu de se donner la mort avant d’être secouru par l’équipe du raid. « Depuis l’attentat, il a des hauts et des bas, des moments où les séquelles de ce qu’il a vécu font qu’il subit un traumatisme avec retardement (...) C’est une victime vivante du 14 juillet », expliquait à ce titre le maire de Nice Christian Estrosi qui s’est noué d’amitié avec Franck Terrier.

Incapable de se défaire de ce sentiment de culpabilité, Franck Terrier a toutefois prévu de se rendre au procès de l’attentat de Nice qui débutera lundi 5 septembre devant la Cour d’Assises spéciale à Paris. « Le plus difficile pour moi c’est d’affronter les familles », admet-il, rongé par cet acte de courage qui le poursuit encore chaque jour.

À voir également sur Le HuffPost : Procès de l’attentat de Nice : le retour d’une salle d’audience hors norme

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