Attentat de Nice : au procès, la diffusion des images de l’attaque provoque l’effroi

Le palais de justice de Paris, le jour de l’ouverture du procès des huit suspects de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice.

Ces images violentes du camion-bélier ont été diffusées simultanément à Paris et dans la salle de retransmission à Nice.

JUSTICE - Une épreuve pour la salle d’audience. Les images « terrifiantes » des caméras de vidéosurveillance montrant la course folle du camion-bélier conduit par le terroriste Mohamed Lahouaiej-Bouhlel sur la promenade des Anglais, le 14 juillet 2016, ont été diffusées ce jeudi 15 septembre au procès de l’attentat de Nice, dans une salle d’audience plus fournie que d’habitude.

Dès les premières images du camion, tous feux éteints, fonçant sur la foule, un cri déchire le silence de la salle d’audience de la cour d’assises spéciale à Paris. Une femme sort. On l’entend pousser un cri de douleur dès les portes franchies.

Sur les écrans, on suit effaré la poursuite de la course meurtrière du camion. Les images sont violentes. Une femme voilée, partie civile, éclate en sanglots et quitte précipitamment la salle tandis que les caméras montrent le camion faisant des embardées de droite à gauche pour frapper le plus de gens possible.

De temps en temps, des cris étouffés résonnent dans la salle. Sept psychologues, des pompiers volontaires et des gendarmes sont là pour porter assistance. Des mesures de sécurité exceptionnelles ont bien évidemment été prises pendant le visionnage de ces images. « Au moment de la diffusion de la vidéo, tous les téléphones doivent être rangés, et les ordinateurs portables fermés, y compris ceux des journalistes », avait averti le président de la cour d’assises spéciale Laurent Raviot à l’ouverture de l’audience.

Quatre minutes et dix-sept secondes d’horreur

L’attaque, qui a duré quatre minutes et dix-sept secondes, a provoqué la mort de 86 personnes dont plusieurs enfants et fait plus de 400 blessés. Les images du camion de 19 tonnes fonçant volontairement sur la foule ont été recueillies par une vingtaine de caméras de vidéosurveillance de la ville de Nice.

Ces « images extrêmement violentes » sont bien « de nature à éclairer la cour » sur l’acte criminel commis par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, avait estimé mercredi le président Laurent Raviot en annonçant sa décision de les diffuser.

Les débats autour de la question de la diffusion des images avaient divisé les différents acteurs de ce procès lors de la première semaine d’audience, comme ce fut également le cas pour le procès des attentats du 13-Novembre. Si la majorité des avocats des parties civiles jugeaient « très important » que les images soient projetées pour mieux comprendre le « déroulement des faits », ce n’était absolument pas le cas pour la défense.

La cour et plusieurs avocats ont visionné ces images, sous scellés, dès mardi soir. « Il n’y aura pas d’autre diffusion », a toutefois prévenu Laurent Raviot ce jeudi matin. Une fois visionnées à l’audience les images seront de nouveau placées sous scellés.

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