Attentat de Magnanville: le témoignage de l'enfant du couple, seul rescapé, au cœur du procès

Attentat de Magnanville: le témoignage de l'enfant du couple, seul rescapé, au cœur du procès

C'est un procès très attendu qui débute ce lundi à la cour d'appel de Paris. Celui de Mohamed Lamine Aberouz, complice présumé de l'assassin de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, un couple de policiers tués dans leur pavillon de Magnanville sous les yeux de leur fils âgé alors de trois ans le 13 juin 2016.

L'homme, âgé de 30 ans, est poursuivi pour "complicité d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique", "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "complicité de séquestration" en relation avec une entreprise terroriste. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

ll s'agissait de la première fois en France que des policiers avaient été tués à leur domicile et en dehors de leur service.

"Deux petites figures pour représenter les méchants"

Aujourd'hui âgé de 10 ans, le fils, qui a été retenu plusieurs heures en otage après la mort de ses parents, a depuis été confié à sa tante. Comme l'a appris BFMTV, sa famille a décidé de ne pas lui parler de cette douloureuse affaire.

Pourtant, étant le seul survivant du drame, le témoignage de l'enfant pourrait s'avérer capital au cours du procès. L'assassin des deux policiers, Larossi Abballa, a été tué le lendemain des faits lors d'un assaut du Raid qui avait pour objectif de libérer le jeune fils. Or, un ADN retrouvé sur l'ordinateur des victimes a mis les enquêteurs sur la piste d'un second homme, Mohamed Lamine Aberouz, jugé ce jour.

"L'enfant du couple assassiné, pendant une séance de travail avec les psychologues, a placé deux petites figures pour représenter les méchants, c'est à dire que c'est un élément assez fort pour dire qu'ils étaient deux", explique à BFMTV Me Thibault de Montbrial, avocat de la famille de Jessica Schneider.

Pour la défense, ce point est à prendre avec d'infinies précautions. Avocat du suspect, Me Vincent Brengarth pointe "le traumatisme" qu'à subi l'enfant "compte tenu su caractère atroce de l'attentat." "Et surtout, il n'y a pas de constance dans les déclarations qu'il pu faire sur le fait ce seraient deux assaillants qui auraient commis ce double assassinat", martèle l'homme de loi.

L'enfant est protégé par sa famille qui a toujours refusé qu'il parle aux enquêteurs, Il ne devrait pas non plus être présent au procès.

La défense demande l'acquittement

Larossi Abballa a-t-il agi seul? La question est au centre du procès et l'accusation est persuadée qu'il bénéficiait d'un complice à l'intérieur de la maison. C'est Mohamed Lamine Aberouz qui a "désigné" à Larossi Abballa le couple de policiers "comme cible de l'attentat", soutient l'accusation.

L'homme "s'est rendu avec (Larossi Abballa) au domicile des victimes le soir des faits, en se connectant sur place sur l'ordinateur des victimes afin de visionner des photographies de Jean-Baptiste Salvaing, permettant ainsi à Larossi Abballa d'identifier immédiatement l'intéressé pour passer à l'acte à son encontre avant même qu'il n'ait eu le temps de réintégrer son domicile", affirme le dossier d'accusation.

Des traces de l'ADN de Mohamed Lamine Aberouz ont été trouvées sur le repose-poignet de l'ordinateur du couple utilisé pour la revendication de l'assassinat des deux policiers.

En dehors de ces traces ADN, aucune autre preuve tangible de sa présence sur les lieux n'a pu être établie, font valoir ses avocats, Mes Vincent Brengarth et Nino Arnaud. Ils entendent plaider l'acquittement. Selon eux, Larossi Abballa était un "loup solitaire" qui n'avait pas besoin de complice.

Article original publié sur BFMTV.com