Attentat de Karachi de mai 2002: les juges en charge du dossier ont reçu les parties civiles

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Près de vingt ans après l'attentat de Karachi, au Pakistan, qui avait fait 15 morts dont 11 Français, les trois juges chargés de l'enquête et un représentant du parquet national antiterroriste ont reçu les parties civiles. La réunion a duré près de deux heures et ce dossier est relancé.

Lors d'une réunion à huis clos, les trois magistrats saisis de l'information judiciaire ont informé la quarantaine de personnes présentes des actes accomplis tant sur le volet proprement terroriste que sur celui des manquements en matière de sécurité à l'époque. La dernière réunion d'information des parties civiles remontait à 2015, lorsque le juge Marc Trevidic avait reçu les familles de victimes avant de quitter son poste.

Deux thèses s'affrontaient sur les auteurs de l'attentat du 8 mai 2002 qui avait provoqué la mort de 14 personnes, dont 11 employés français de la Direction des constructions navales (DCN). Le bus militaire qui transportait les victimes avait été pulvérisé devant l’hôtel Sheraton de Karachi.Douze autres personnes avaient été grièvement blessées. Ces personnes se rendaient à la base navale où étaient assemblés quatre sous-marins français vendus au Pakistan.

Plusieurs victimes, représentées par Me Marie Dosé, ont porté plainte avec constitution de parties civiles en 2012 afin de clarifier les responsabilités pénales dans ce dossier. Le premier magistrat chargé de l'enquête, Jean-Louis Bruguière, privilégiait la piste al-Qaïda. Son successeur Marc Trevidic s'orientait plutôt vers l'hypothèse de représailles pakistanaises après l'arrêt des versements de commissions dans le cadre d'un contrat d'armement. C'est peut-être également cette voie que vont poursuivre les enquêteurs, s'ils parviennent à aller au Pakistan. C'est ce que l'avocate d'une dizaine de veuves et de blessés de Karachi, Marie Dosé, a dit à Frédérique Genot du service France.

« L’hypothèse privilégiée par les magistrats est très claire, c’est l’hypothèse d’un attentat lié à l’arrêt des commissions, rappelle Marie Dosé. Ils écartent ce qu’on a appelé l’hypothèse indienne et quant à l’hypothèse strictement terroriste islamiste ils ne la privilégient pas en considérant que l’organisation terroriste a pu être instrumentalisée par tout ce qui concerne le volet financier du dossier, donc voilà finalement ils rejoignent en cela ce que pensait Marc Trevidic, on est vraiment plus sur un motif lié à l’arrêt des commissions qui reste évidemment à prouver, pour l’instant ça reste une hypothèse, nous n’avons pas les éléments qui le prouvent. La condamnation, l’instruction de monsieur van Ruymbeke, la condamnation des prévenus l’année dernière a pu rendre plus prégnant encore ce volet financier mais il va falloir encore creuser cette hypothèse qui demeure privilégiée. »

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Pour les victimes, en tout cas, cette nouvelle mobilisation des juges est importante, souligne Marie Dosé. « Les victimes attendaient cette réunion depuis des années puisque force est de constater qu’après les attentats de 2015 perpétrés en France, le dossier consacré à l’attentat de Karachi a été mis en sommeil, en tout cas il y a eu un investissement moindre de la part des magistrats qui étaient que 6 à l’époque en 2015 pour se consacrer aux attentats perpétrés en France et qui ont donc mis de côté durant plusieurs années ce dossier. Donc les victimes attendaient depuis longtemps d’être reçus, ils avaient pris l’habitude, ils avaient eu l’habitude d’être reçus par Monsieur Trevidic avant son départ et avant les attentats perpétrés en 2015 en France, et là enfin on a pu entendre des perspectives, les magistrats se sont exprimés sur ce qu’ils comptaient faire, sur ce qu’ils ont récemment pu réaliser, sur des perspectives notamment liées au volet sécurité de ce dossier, pas seulement le volet terroriste. »

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