Attentat déjoué du Thalys : l'auteur condamné à la perpétuité

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Le tireur du Thalys, Ayoub El Khazzani, a été condamné, jeudi, à la réclusion criminelle à perpétuité. Trois hommes accusés d'avoir aidé le tireur et son commanditaire, Abdelhamid Abaaoud, également coordinateur des attentats du 13 novembre, ont été condamnés à des peines allant de sept à vingt-sept ans de prison.

Il aurait pu tuer "aveuglément et indifféremment l'ensemble des passagers". Le tireur du Thalys, Ayoub El Khazzani, a été condamné, jeudi 17 décembre, à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises spéciale de Paris pour l'attentat déjoué dans le train Amsterdam-Paris en août 2015.

Trois hommes accusés d'avoir aidé le tireur et son commanditaire Abdelhamid Abaaoud, également coordinateur des attentats du 13 novembre, ont été condamnés à des peines allant de sept à vingt-sept ans de prison.

Trois cents munitions

Le 21 août 2015, El Khazzani était monté à bord du train en gare de Bruxelles armé d'une kalachnikov, d'un pistolet, d'un cutter et de 300 munitions. Il avait été maîtrisé par des passagers, dont deux soldats américains en vacances et en civil. Ils s'étaient jetés sur lui, évitant ainsi qu'il ne tue "aveuglément et indifféremment l'ensemble des passagers", a rappelé dans sa décision la cour, qui a suivi les réquisitions des avocats généraux.

À l'annonce du verdict, Ayoub El Khazzani, 31 ans, chemise à carreaux et cheveux noirs attachés en petit chignon, est resté droit dans le box, sans manifester d'émotion.

Il aurait commis "un attentat aveugle" qui aurait été "particulièrement meurtrier" sans "un concours de circonstances particulièrement improbables" — des munitions défectueuses — et "le courage exceptionnel des passagers", a déclaré le président Franck Zientara.

"Je suis désolé du fond du cœur"

Tout au long du procès, El Khazzani avait soutenu avoir reçu pour seule mission de son commanditaire de tuer les soldats américains et des membres de la Commission européenne, qui seraient présents à bord du train, selon Abaaoud.

La cour a rappelé que les Américains ne portaient "aucun signe distinctif" et qu'El Khazzani était monté dans le train muni "d'un véritable arsenal", "susceptible de faire de multiples victimes".

Son but était bien de tuer "aveuglement et indifféremment" les quelque 200 passagers du train, a affirmé le président.

Les co-accusés du tireur, Bilal Chatra, Redouane El Amrani Ezzerrfi et Mohamed Bakkali ont été reconnus coupables d'avoir aidé El Khazzani et Abaaoud dans leur périple pour rejoindre l'Europe depuis la Syrie. Ils ont été condamnés respectivement à 27, 7 et 25 ans de prison.

Le président a aussi rappelé que l'attaque ratée s'était inscrite "dans une véritable campagne d'attentats de masse qui trouve son apogée" dans les attentats du 13 novembre à Paris et en mars 2016 à Bruxelles.

Avant que la cour ne se retire pour délibérer jeudi matin, El Khazzani s'était longuement excusé auprès des victimes. "Je suis désolé du fond du cœur", avait-il dit la voix étranglée par les sanglots.

Avec AFP