Attentat de Conflans: les pistes du gouvernement pour durcir la lutte contre l'islamisme

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Emmanuel Macron a demandé au gouvernement, lors du Conseil de défense dimanche soir, des actions concrètes contre les islamistes qui, selon lui, « ne doivent pas pouvoir dormir tranquilles dans notre pays » après l'assasinat de Samuel Paty. Lundi matin, le ministère de l'Intérieur a lancé une vaste opération de contrôles contre la mouvance islamiste et quinze personnes sont encore en garde à vue ce mardi matin dont quatre collégiens.

Dans l'entourage du ministre de l'Intérieur on affiche une grande fermeté. Les visites domiciliaires annoncées par Gérald Darmanin;vont se poursuivre au rythme d'une vingtaine par jour tant que de besoin.

Plusieurs dizaines d'associations dans toute la France sont dans le collimateur, mais aussi des personnes radicalisées actives notamment sur les réseaux sociaux, identifiées sur les indications du renseignement et de la sécurité intérieure.

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Il ne s'agit pas de contrôles en lien direct avec l'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty, le professeur du collège de Conflans-Saint-Honorine, mais c'est bien cet attentat qualifié « d'épouvantable » qui justifie la médiatisation d'opérations de police et de gendarmerie menées « pour déstabiliser, harceler, la mouvance islamiste »,explique-t-on au ministère de l'Intérieur.

En d'autres termes, pour montrer que « la peur va changer de camp » comme l'a dit Emmanuel Macron. Souvent accusé de se contenter de mots, le président de la République veut montrer sa détermination à agir. Il a donc demandé une réponse opérationnelle rapide et concrète à ses ministres. Avant l'hommage national à Samuel Paty, mercredi à la Sorbonne, le chef de l'État veut afficher sa volonté d'engager la risposte.

Les associations visées par Darmanin

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé ce lundi matin sur Europe 1 qu'une cinquantaine de structures associatives allaient être contrôlées. L'objectif est de s'assurer qu'elles respectent bien les lois de la République et qu'elles ne sont pas « séparatistes ». Le ministre de l'Intérieur a également indiqué qu'il souhaitait la dissolution pure et simple de plusieurs d'entres elles.

Des écoles confessionnelles, des lieux de cultes, des collectifs et des associations autant de structures que Gérald Darmanin souhaite faire contrôler. Le ministre de l'Intérieur les soupçonne en effet d'être « des ennemies de la République ». Selon lui, l'islam politique que ces structures véhiculeraient inciterait leurs adhérents à ne plus respecter les lois républicaines, autrement dit, à se tourner vers le séparatisme.

Deux associations sont particulièrement dans le viseur du gouvernement qui souhaite même leur dissolution. D'abord, le Collectif contre l'islamophobie en France, le CCIF. Gérald Darmanin affirme que cette association créée en 2003 et spécialisée dans la défense des personnes se disant victimes d'islamophobie aurait contribué à relayer les messages de certains parents d'élèves contre Samuel Paty.

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Parmi les autres associations menacées de dissolution, il y aussi Baraka City. Créée en 2010, cette structure d'aide aux musulmans démunis du monde entier est dans le collimateur des autorités françaises notamment depuis ses prises de position ambiguës après les attentats de 2015.

C'est lors du prochain Conseil des ministres, mercredi, qu'un décret de dissolution à leur encontre pourrait être promulgué.

♦ L'hommage de la Conférence des imams de France

Une dizaine de représentants de la Conférence des imams de France ont prié et déposé plusieurs gerbes de fleurs ce lundi après midi devant les grilles du Collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, en hommage à Samuel Paty.